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mercredi 25 mai 2011

EFT et Thérapie Cognitivo-Comportementale

EFT utilisé à la place de la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) pour un traumatisme grave avec des résultats impressionnants.
Dans cet article, Baya Salmon-Hawk du Royaume-Uni applique professionnellement EFT pour aider une victime d'un accident d'automobile grave. Il s'agit d'un cas particulièrement intéressant en raison de la façon dont les divers aspects et problèmes s'enchaînent ... y compris certains symptômes physiques tels que troubles de l'estomac et frissons.
Cela peut intéresser particulièrement des personnes impliquées dans la recherche académique car ici l'EFT a été utilisé à la place d'un traitement classique, médicalement recommandé, utilisant la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) sur plusieurs semaines.

Baya dit: "Je trouve très intéressant que l'EFT, au moins dans ce cas, ait utilisé seulement 20% du temps qu'il aurait fallu prendre avec la Thérapie Cognitivo-Comportementale et que les résultats obtenus aient été au moins aussi bons que ce à quoi je me serais attendue avec la TCC."

Traduction de la page :
**http://www.emofree.com/Trauma/cbt-eft.htm**

Baya Salmon-Hawk écrit :

L'été dernier, l'équipe de Santé Mentale de quartier dans laquelle je travaille, au Royaume-Uni, a reçu une lettre d'un médecin généraliste au sujet d'une de ses patientes nommée "Michelle".
Elle avait été impliquée dans un accident de la circulation survenu plus d'un an auparavant, avec son fils en tant que passager. Ses avocats pour les blessures personnelles avaient demandé pour elle une consultation longue et détaillée avec un psychologue clinicien agréé (pour la prise en charge de l'assurance, NDT). Bien que Michelle n'ait pas reçu un diagnostic de syndrôme de stress post-traumatique (SSPT) complet, elle était déclarée souffrant de symptômes résiduels du traumatisme et d'une anxiété liée au voyage en voiture. Il a donc été recommandé qu'il lui soit donné environ huit à dix séances de Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) avec un psychologue clinicien agréé.
Il se trouve que la liste d'attente pour un tel traitement est d'environ 4 mois dans nos services et donc, après consultation avec mon collègue spécialiste de la TCC et mon chef de service, j'ai contacté le médecin généraliste en vue d'offrir à la patiente le traitement par l'EFT. Ce médecin, principalement encouragé par mon absence de liste d'attente (!), a décidé que je pouvais "faire un essai" pendant que la patiente était en liste d'attente pour la Thérapie Cognitivo-Comportementale.

La première fois que j'ai vu Michelle, je lui ai demandé de remplir le questionnaire "Impact of Event Scale-Revised" [Ceci est un test d'évaluation psychologique suite à un trauma, utilisé au Royaume-Uni]. Elle a obtenu 47, ce qui indique un traumatisme sévère.
Elle a identifié deux souvenirs de l'accident qui la dérangeaient encore et elle a dit qu'elle ne pouvait pas penser à ces détails, ni en parler, sans se sentir en difficulté et se mettre à pleurer. Les deux souvenirs concernaient son fils. L'un était le fait de voir l'enfant coincé dans la voiture, et l'autre d'entendre ses cris de détresse.
J'ai expliqué le contexte théorique de l'EFT et elle a été très disposée à travailler avec cette technique ; elle était contente de commencer un traitement.
Je lui ai demandé de se concentrer sur le premier souvenir et elle s'est immédiatement sentie très mal et en larmes. Nous avons commencé avec la phrase de départ :
- "Même si chaque fois que je me souviens d'avoir vu mon fils dans la voiture, les larmes me viennent aux yeux, je m'accepte entièrement et complètement."

Son intensité sur l'échelle de 0 à 10 était à 10 lorsque nous avons commencé et elle est descendue à 5 après une séquence, puis à 2. Nous sommes restées "coincées" à 2. Nous avons ensuite utilisé la procédure de la "gamme des 9 actions" et l'idée lui est venue que ce qui avait été dur pour elle était "d'accepter le fait que tous deux aient survécu". Alors, elle a choisi de dire la phrase de départ suivante :
- "Même si nous avons survécu et que nous allons très bien, je m'accepte entièrement et complètement."

Ce travail a ramené l'intensité à 0 après une seule séquence. Je lui ai ensuite demandé de raconter à nouveau l'histoire et elle a été étonnée de constater qu'il n'y avait plus de résonance émotionnelle sur ce souvenir. Elle a dit que c'était comme de passer du visionnement d'un film en technicolor avec sound-surround au visionnement d'un film en noir et blanc avec sous-titres...
Nous avons ensuite commencé à travailler sur le second souvenir, celui dans lequel son fils hurlait. Elle est devenue beaucoup plus anxieuxe et s'est mise à pleurer tout en parlant de ce souvenir. Elle a choisi la phrase de départ suivante :
- "Même si je suis vraiment sous le choc lorsque je me souviens de l'entendre hurler, je..." - elle était incapable de prononcer "m'accepte entièrement et complètement".

Comme par un pur hasard j'avais récemment visionné une des vidéos de Gary dans laquelle il parle de ce type de difficulté. J'ai donc choisi de le dire pour elle et je l'ai prononcé à deux reprises avant qu'elle ne soit en mesure de le dire elle-même.
Alors que je disais la phrase, elle tapotait sur le point de karaté ... et cela a fonctionné. Le fait de dire ce petit bout de texte "par procuration" pour ainsi dire, a marché pour cette patiente. L'intensité était d'abord à 10 puis à 5 après deux séquences. Puis nous étions coincées. Michelle a alors décrit le fait d'avoir une "boule dans la gorge" et elle a fait le tapotage sur cela. La boule dans la gorge est partie en trois séquences. A chaque séquence elle devenait "plus petite".
Lorsque ce fut parti, elle a soudainement annoncé qu'elle était se sentait glacée et a commencé à trembler violemment. Je n'avais jamais vu une telle réaction physiologique intense au cours d'un traitement. Néanmoins je l'ai invitée à tapoter sur la phrase :
- "Même si je sens que j'ai très très froid ..."

L'amélioration est survenue très rapidement et la température de son corps est redevenue normale en deux séquences. Je l'ai invitée à penser à nouveau à ce souvenir et elle a signalé une certaine inquiétude résiduelle située dans le haut de sa gorge, ce sur quoi elle a tapoté, obtenant un soulagement immédiat.
À la fin de la session, elle a déclaré qu'elle ne sentait plus aucune réaction émotionnelle au rappel des deux souvenirs et qu'elle ressentait une liberté dans sa gorge qu'elle n'avait plus eue depuis un an. Je l'ai invitée à refaire une séance trois semaines plus tard pour un suivi.

Je l'ai donc revue trois semaines plus tard et je lui a demandé de remplir à nouveau le formulaire "Impact of Event Scale-Revised". Cette fois, son résultat était de 14 (moyen). Malgré ce niveau moyen de stress et bien que la plupart des questions du test aient reçu une réponse à 0 et à 1, elle avait une note très élevés sur la question : "J'ai évité de me laisser m'angoisser quand je repensais à ce sujet ou quand on me le rappelait" et sur "Je me sentais vigilante et sur mes gardes". Dans l'ensemble, elle a décrit l'absence de problèmes émotionnels attaché au souvenir et a pu en discuter avec sa mère, sans réactions néfastes.
Toutefois, les phrases citées plus haut, relativement intenses, semblaient se manifester physiquement. Elle voulait parler de ces symptômes physiques qui étaient de l'ordre d'un dérangement de l'estomac se déclenchant chaque fois qu'elle quittait la maison pour conduire sa voiture. Elle a indiqué ne pas se sentir particulièrement anxieuse à l'idée de conduire, et considérait la réaction de son corps comme un réflexe automatique. Nous avons tapoté sur la phrase suivante :
- "Même si j'ai l'estomac dérangé..."
et cela s'est réduit à 0.

Elle a ensuite déclaré qu'il ne s'agissait pas de l'accident en soi, mais du fait que sa première pensée, une fois qu'elle avait su qu'elle et son fils survivraient, avait été qu'elle "avait laissé tomber tout le monde au travail". Nous avons tapoté sur ce point. Elle a décrit la sensation dans son estomac, puis a dit qu'elle avait des vertiges (une autre réaction physiologique) et nous avons tapoté sur ce sujet. Ayant ramené l'intensité à 0, elle s'est arrêtée tout à coup et s'est écriée : "Mon mal de dents a disparu !". Elle n'avait pas mentionné ce problème, mais en raison de la gravité de ses blessures au visage, elle avait souffert de maux de dents constants pendant de nombreux mois.
Elle a continué à parler de sa peur de laisser tomber les gens, et a fait remonter cette peur à des problèmes de sa petite enfance. Elle a été en mesure d'identifier le fait qu'elle ne savait pas comment traiter les sentiments d'anxiété. Alors, elle a tapoté là-dessus, avec succès.
Elle était très contente du résultat et, comme elle partait en vacances, nous avons pris rendez pour une autre séance de suivi à trois semaines.

Trois semaines plus tard, je lui ai demandé de remplir encore le même questionnaire et cette fois elle a obtenu un 3 (niveau normal) par rapport à sa note de 47 la première fois (niveau sévère). Elle avait passé de belles vacances. Pas de symptômes physiques, pas de mal de dents, pas d'images récurrentes. Elle a également signalé que son travail ne domine plus sa vie et qu'elle a été capable de prendre une journée de congé de façon inattendue car elle voulait passer du temps avec ses enfants. Elle était ravie d'être renvoyée aux bons soins de son médecin traitant.
En considérant que cette dame souffrait d'une réaction assez moyenne à un accident de la route et qu'elle n'avait aucun symptôme de dépression, ni aucun problème de santé mentale grave, on peut dire que l'EFT a obtenu un grand succès. Il aurait été quand même dommage de faire attendre Michelle pendant plusieurs mois avant de la faire entrer dans une thérapie assez longue, alors que notre méthode EFT l'a traitée très rapidement et très efficacement.

Je ne veux pas présenter l'EFT en compétition "contre" la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC), mais plutôt comme une alternative valable et efficace dans un tel cas. Je trouve très intéressant que l'EFT, au moins dans ce cas, ait utilisé seulement 20% du temps qu'il aurait fallu prendre avec la Thérapie Cognitivo-Comportementale et que les résultats obtenus aient été au moins aussi bons que ce à quoi je me serais attendue avec la TCC.

Baya Salmon-Hawk

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dimanche 17 octobre 2010

EFT : Le récit d'une psychothérapeute professionnelle

Suivi sur 10 ans d'un cas de phobies multiples et de dépendance,
présenté par le Dr Patricia Carrington, psychothérapeute, professeur d'université (Princeton) et pionnière de l'EFT.
Une plongée dans les tout premiers débuts de l'invention de la méthode EFT.

[Note de Pivoine : Pour les professionnels de la santé ainsi que pour les gens ordinaires qui lisent pour la première fois ce blog, je veux préciser que l'EFT (Emotional Freedom Techniques) est une méthode de soulagement des problèmes émotionnels dans lequel le travail verbal s'accompagne de la stimulation d'une série de points d'acupuncture avec les doigts. Cette méthode peut être utilisée sur soi-même aussi bien que sur une autre personne dans le cadre de la famille ou d'une intervention thérapeutique professionnelle. Vous pouvez découvrir comment l'utiliser en lisant mes posts classés sous "EFT c'est quoi" et "EFT comment" ainsi que la page "Apprendre EFT".

[Le texte ci-dessous date d'une dizaine d'années et parle de l'époque où, aux Etats-Unis, des pionniers - Roger Callahan et, à sa suite, Gary Craig et Patricia Carrigton - ont découverts que par les points d'acupuncture de la médecine chinoise on pouvait également soulager le mental et l'émotionnel. Les premiers praticiens EFT s'échangeaient entre eux leurs études de cas, ce qui est devenu par la suite la "newsletter" hebdomadaire de Gary Craig distribuée par e-mail à plus de 300 000 personnes anglophones de par le monde. C'est de cette newsletter que viennent les textes que j'ai traduits dans ce blog. Aujourd'hui, Gary Craig a pris sa retraite et fermé son site emofree.com mais vous pouvez toujours retrouver les originaux anglais de mes textes par l'intermédiaire du site http://www.eftuniverse.com/
[Dans les pays francophones, la méthode EFT a eu un peu de mal à démarrer à cause du problème de la langue, mais on trouve de plus en plus de praticiens EFT et de possibilités de stages de formation en français au Québec, en Belgique, en Suisse romande et en France. NDT]

Traduction de la page :
**http://www.emofree.com/Fear/multiplephobias.htm**

Gary Graig, fondateur de l'EFT, nous présente ce cas :
"Le Dr. Patricia Carrington n'est pas étrangère à cette liste [de gens s'échangeant leurs études de cas] car elle nous a apporté de nombreuses contributions très intéressantes dans le passé. Certains d'entre vous la connaissent en tant que directrice de recherche à l'ACEP tandis que d'autres ont eu un contact avec elle à travers le programme du "Certificat d'Etude de l'EFT" (EFT-CC, Certificate of Completion). Elle est également une sommité en psychologie énergétique et travaille dans ce domaine depuis beaucoup plus longtemps que la plupart d'entre nous (moi y compris).
"Maintenant, voici le message de Pat - écrit dans son style narratif détaillé. Il démontre les effets durables de l'EFT tout en nous emmenant à travers (1) de nombreux types de réactions de la cliente (2) des aspects multiples, (3) le problème de "l'apex" [négation des résultats de l'EFT] (4) la valeur de la persévérance. Vous apprécierez également le crescendo final dans lequel la qualité de ce travail de traitement de phobies multiples a été testée plusieurs fois dans des situations réelles. Bien à vous. Gary"

Lettre du Dr. Patricia Carrington :

Il ya des moments où la nature semble nous aider en testant notre travail avec EFT pour voir si c'est "pour de vrai". Mon expérience avec "Louise" est un excellent exemple de cette situation et montre aussi l'extraordinaire pouvoir durable de cette approche.
Lorsque Louise m'a consultée pour la première fois, c'était pour des problèmes qu'elle avait concernant le fait de "quitter la maison". Elle était hautement compétente dans son métier de cadre supérieur dans une grande entreprise. C'était une femme grande, jeune, les yeux étonnamment bleus dans un joli visage, avec les manières d'une enfant exubérante. Elle a souvent fait irruption dans mon bureau comme un tourbillon et commencé à parler bien avant d'être assise.
À l'âge de 32 ans, Louise vivait encore chez ses parents et presque chaque jour se disputait verbalement avec sa mère, envers qui elle était néanmoins très dépendante. Elle ne pouvait pas prendre sa voiture pour parcourir les 30 kilomètres séparant sa maison de mon bureau parce qu'elle avait peur de conduire sur les autoroutes et sur les ponts (il fallait traverser le fleuve Hudson), et donc, les rares occasions où elle m'a rendu visite en personne, c'est sa mère qui a dû la conduire. Le reste du temps, nous avons travaillé au téléphone.

METHODOLOGIE
Aussi étrange que cela puisse paraître, la psychothérapie de Louise a eu lieu il y a plus de dix ans. C'était l'époque où l'EFT n'avait pas encore pris sa forme "officielle", de sorte qu'à ce moment-là je n'ai pas pensé que je pouvais utiliser une procédure de tapotage telle que l'EFT pour gérer les problèmes de dépendance de Louise et je me suis donc limitée à l'utiliser pour faire face à ses peurs. Aujourd'hui, bien entendu, j'appliquerais l'EFT immédiatement pour le type de troubles de la personnalité profonde qu'elle présentait. Si j'avais pu le faire à cette époque, cette technique nous aurait probablement permis d'atteindre des couches plus profondes de son problème beaucoup plus tôt et avec une plus grande efficacité.
C'étaient les tout premiers temps du mouvement de la psychologie énergétique, alors tout ce dont je disposais était une méthode rudimentaire, un algorithme simple que j'avais développé à partir de l'enseignement de Roger Callahan que de dernier appelait "les Techniques Callahan". J'avais appelé mon approche "Acutap", et il s'est avéré par la suite que c'était remarquablement similaire à bien des égards à la méthode EFT de Gary Craig (méthode que soit dit en passant ce dernier avait développée de façon complètement indépendante au même moment alors que nous ne nous connaissions pas et qu'aucun de nous deux n'avait entendu parler du travail de l'autre).

Même si ma méthode ne comportait pas ce que je considère comme quelques-uns des attributs les plus puissants de l'EFT - l'introduction de la phrase de rappel, la délimitation subtile de multiples aspects du tapotage pour un problème spécifique, les variations cliniques de ce qui a été appelé "l'Art de la Délivrance" (Art of Delivery) - mon algorithme de base unique s'avérait étonnamment efficace dans de nombreux cas. Lorsque j'ai eu connaissance de l'EFT, j'y ai fondu ma méthode Acutap et l'EFT est devenue ma méthode de psychologie énergétique depuis ce jour.
A l'époque où je voyais Louise, j'étais encore un peu timide quant à l'utilisation d'une méthode de tapotage sur les points d'acupuncture parce qu'en "ce temps-là" (il y a une éternité me semble-t-il) la plupart des psychothérapeutes n'utilisaient pas de telles méthodes et que de nombreux collègues résistaient à mes efforts pour leur en parler .

Avant que je commence à utiliser le tapotage avec Louise, nous avions déjà fait des progrès en parlant de ses problèmes pour l'aider à "grandir" un peu émotionnellement. Elle avait aussi appris ma méthode appelée Méditation Cliniquement Standardisée (CSM) qui était un processus de relaxation servant à calmer un peu son tempérament de feu. En conséquence de ces interventions, elle avait commencé à sortir avec un homme qui l'intéressait sincèrement. Puis, à la surprise générale (y compris celle de cet homme!) "Ted" avait soudainement été transféré en Australie et lui et Louise s'étaient retrouvés à deux endroits opposés de la Terre.
Puis un jour, Ted avait téléphoné à Louise pour lui dire que son employeur allait lui donner une semaine de vacances, et c'est là que le défi avait été posé, me conduisant à utiliser le tapotage avec Louise. Ted ne pouvait pas rentrer au pays pour ses vacances parce qu'il avait à gérer des travaux en Australie, mais il offrait à Louise de lui payer son voyage si elle voulait se joindre à lui pour cette semaine. Voudrait-elle faire ce voyage en avion ?

TRAVAIL SUR LES PHOBIES
Louise fut projetée dans le conflit. Je n'ai pas été surprise de voir que cette jeune femme qui craignait les auroutes et les ponts soit absolument terrifiée à l'idée de voyager en avion. Toutefois, à sa manière précipitée habituelle, Louise m'a annoncé qu'elle était déterminée à rejoindre Ted pour passer cette semaine en Australie avec lui, bien qu'elle soit terriblement effrayée à l'idée d'être dans des lieux étrangers et même "pétrifiée par le voyage en avion". Pouvais-je la "guérir" de ses peurs ?
C'était une tâche assez vaste. "Je" (notez bien que Louise n'avait pas dit "nous", c'était quelque chose que je devais faire pour elle) n'avais que trois semaines devant moi pour accomplir ce miracle. Les peurs multiples de Louise étaient encastrées dans un contexte de troubles profonds de la personnalité organisés autour de sa dépendance à sa mère (et à toutes sortes de figures maternelles parmi lesquelles la psychothérapeute qui vous écrit.) Son immaturité évidente à certains niveaux aurait normalement demandé une très longue psychothérapie pour être traitée. Allais-je oser m'y attaquer en trois semaines avec une procédure relativement inédite ?

J'ai décidé que j'allais oser. Après tout, qu'avions-nous à perdre en essayant ? J'ai suggéré à Louise qu'elle demande a sa mère de la conduire à mon bureau afin d'expérimenter une "nouvelle technique révolutionnaire utilisée pour des phobies". Peut-être pourrions-nous y trouver notre chemin vers une solution. Je n'avais aucune idée à ce moment-là que je pouvais utiliser une procédure de tapotage comme celle-ci au téléphone - Roger Callahan, Gary Craig et les autres n'avaient pas encore démontré cette possibilité pour nous. Aujourd'hui, bien sûr, je n'hésiterais pas à utiliser l'EFT par téléphone pour une situation de ce genre et ce serait sans doute très efficace.
La mère de Louise l'a donc conduite chez moi en voiture, puis a patiemment attendu une heure et demie dans la voiture tandis que sa fille et moi travaillions sur ses phobies multiples articulées autour du problème d'être seule loin de sa mère. Je lui ai expliqué qu'il fallait prendre les choses au début. Il fallait s'attaquer à sa peur de voyager seule en voiture avant de pouvoir s'occuper de sa peur de voler en avion seule vers l'Australie - c'était logique.

Dans cette première session, nous avons géré la peur de conduire sa voiture sur l'autoroute. Tap-tap-tap, et après environ 6 séquences, la peur avait diminué, passant de 10 à 2 sur l'échelle de 0 à 10. Dans le "temps jadis" de la psychologie énergétique, ce "2" aurait été le meilleur résultat que je pouvais espérer. Je ne m'attendais pas à voir aucun client descendre à zéro, et bien sûr, ils ne le faisaient pas.
Ensuite, nous avons abordé sa peur des ponts. Nous l'avons aussi ramenée au niveau 2. Puis Louise m'a confié qu'elle était en proie à la peur que sa mère puisse mourir. Elle avait des pensées obsessionnelles à ce sujet tous les jours et ne pouvait les chasser de son esprit. Tap, tap, tap et ce problème a été ramené à un niveau négligeable. Puis nous avons abordé sa peur d'être seule sur son lieu de travail. Elle ne pouvait pas travailler en dehors des horaires officiels sans avoir peur d'un danger non identifié, ce qui lui faisait perdre sa concentration. Ce problème a été ramené à 2.

Louise a continué ainsi pendant une heure et demie et elle avait une énergie formidable. Nous avons éliminé peur après peur. Puis elle a jailli hors de sa chaise et m'a demandé comment elle pouvait être sûre que ce sentiment d'en être débarrassée n'allait pas disparaître une fois qu'elle serait arrivée sur la "vraie autoroute"...
Je lui ai dit que nous ne savions pas ce qui se passerait, mais qu'il y avait une probabilité de 80% que cela puisse durer. Je lui ai ensuite demandé de conduire sa voiture seule pour venir à son rendez-vous la prochaine fois, environ 30 km de chez elle à mon bureau et retour. Quelque part, je sentais qu'elle pouvait le faire maintenant et que cela serait une étape importante avant s'attaquer à sa phobie des voyages en avion lors de la prochaine séance. Mais elle devait me promettre que si elle se sentait anxieuse pendant la conduite, elle arrêterait la voiture et se garerait le long du trottoir pour pouvoir tapoter sur sa peur jusqu'à ce que l'intensité descende au moins jusqu'à 2 à nouveau. Elle a dit qu'elle le ferait cela et a disparu. Louise se déplaçait à une vitesse incroyable !

La semaine suivante, elle était de retour, ayant conduit seule sur cette distance de 25 km. Aucune mère à l'horizon. Ensuite, elle s'est assise, elle a fixé son regard intense sur moi et m'a dit que bien qu'elle ait fait tout ce chemin seule, elle avait néanmoins dû "s'arrêter plusieurs fois pour faire le tapotage !" Elle était renfrognée en disant cela, comme si la méthode l'avait laissée tomber. Je lui ai demandé si c'était cela qui l'avait aidée - si grâce au tapotage elle avait pu faire diminuer son niveau de détresse. Elle a hoché la tête, mais elle semblait douteuse. Le fait qu'elle n'ait jamais été en mesure de conduire seule sur cette distance et sur les ponts auparavant n'était apparemment pas considéré par elle comme quelque chose d'important. J'ai été ainsi obligée d'apprendre que ce type d'effet "apex" (ou de réaction de refus) est typique de certains clients, mais est absent chez d'autres.
Quand j'ai demandé à Louise si durant la semaine précédente elle avait eu ses habituelles craintes concernant la mort de sa mère, elle m'a regardée avec étonnement. Non, elle ne pensait pas les avoir eues. Elle n'y avait pas vraiment réfléchi. Et qu'en était-il de ses craintes de rester seule dans l'immeuble de bureaux où elle travaillait ? En fait, a-t-elle dit, elle était restée seule un soir pour finir un travail et, en y repensant maintenant, elle constatait qu'elle n'avait remarqué aucune peur à ce moment-là.

Jusqu'ici tout allait bien malgré le manque de reconnaissance de ses progrès de la part de Louise. Nous avons commencé à travailler sur la phobie de l'avion, qui s'est avérée avoir des aspects multiples. Louise avait peur de partir loin de chez elle, d'être seule dans une ville étrangère, d'être dans un lieu clos, d'être dans un endroit où elle n'avait aucun contrôle et se sentait "piégée", d'être dans un lieu en hauteur, d'avoir un accident d'avion, de ressentir la sensation bizarre lorsque l'avion décolle du sol ou descend pour aterrir... Tout ce que vous pouvez imaginer lui faisait peur.
Une par une, nous avons abordé ces peurs pendant les séances suivantes, et bientôt elle s'est sentie à l'aise avec l'idée de prendre l'avion - du moins quand elle était en train de discuter dans mon bureau. Alors je lui ai donné à faire des "devoirs à la maison". Elle devait se rendre à l'aéroport et regarder les avions atterrir et décoller, tapoter sur toute anxiété qui pouvait survenir tout en les observant, et puis marcher jusqu'au comptoir de vente des billets et tapoter encore pour toute anxiété pouvant émerger.

VERIFICATION DANS LE MONDE REEL
Lorsque Louise est revenue la semaine suivante, elle avait dans son sac des billets d'avion pour l'Australie. Quand elle avait tapoté sur son anxiété à l'aéroport, elle avait ressenti une envie soudaine d'acheter les billets. Elle avait pris la décision d'y aller ! Notre travail sur cette question était désormais presque terminé, il ne restait que quelques détails à dégager et Louise serait prête à décoller avec enthousiasme pour de lointains rivages.
C'était ce que je pensais, mais...
Le soir précédant son départ, j'ai reçu de Louise un appel téléphonique désespéré. "Dr. Carrington, j'ai terriblement peur !" Je lui ai demandé si ses peurs de voyager en avion étaient revenues, sûre que c'était le cas. Mais non, m'a-t-elle dit. Elle se sentait absolument bien en ce qui concernait le vol. Ce qui l'effrayait, c'était le fait qu'elle ne pleure pas à l'idée de quitter ses parents, et le fait qu'elle n'ait pas peur de quitter sa mère. Elle voulait savoir si c'était "normal" de NE PAS pleurer à ce moment et de sentir que c'était bien pour elle de partir seule - ou bien s'il s'agissait d'un "mauvais présage".

Je n'ai pas perdu beaucoup de temps avant de lui assurer que c'était tout à fait "normal" pour une femme de 32 ans de ne pas pleurer en partant sans sa mère pour un voyage en avion d'une semaine. Nous nous sommes mises à tapoter pour sa peur de "ne pas avoir peur" et pour sa peur de "ne pas pleurer", et nous avons éliminé ces peurs au téléphone. Louise maintenant se sentait bien, elle était prête à partir pour l'Australie, ce qu'elle fit.
Une semaine et demie se sont écoulées avant qu'elle ne me téléphone à son retour aux États-Unis. Haletante, elle m'a raconté ce qui s'était passé. Si j'avais voulu créer un parcours d'obstacles pour vérifier la force des effets du tapotage, je n'aurais jamais imaginé un test aussi efficace. Voici le voyage de Louise comme elle me l'a raconté.

Quand l'avion avait quitté l'aéroport pour aller d'abord jusqu'à Chicago, elle avait éprouvé étonnamment peu de peur, sauf peut-être une ou deux fois où elle avait dû tapoter un peu, mais c'était tout. Quand elle est arrivée à Chicago et qu'elle a dû attendre une heure entre les deux avions - c'était une ville étrangère et elle était seule - elle n'a encore rencontré aucun problème.
C'est seulement après que l'avion soit parti pour un voyage sans escale vers Los Angeles que le vrai "test" de la nature a commencé. Environ une heure après le décollage de l'aéroport O'Hare, le pilote a annoncé dans le haut-parleur que les passagers devaient attacher leur ceinture de sécurité et rester à leur place parce que l'un des moteurs de l'avion avait "pris feu". Il a dit qu'ils allaient devoir retourner à l'aéroport O'Hare et "essayer d'atterrir", mais qu'ils pourraient avoir à faire un atterrissage d'urgence dans un champ avant d'y arriver et qu'ils "ne devraient pas s'inquiéter" si cela se produisait (!).

Selon Louise, à cette annonce "les gens ont commencé à crier et à prier dans les allées et certains commençaient à vomir." Mais, me dit-elle nonchalamment, elle a été l'un des rares passagers qui n'ont pas paniqué. Cependant, elle s'était quand même sentie plutôt mal à l'aise quand ils ont atteint l'aéroport O'Hare et qu'elle a vu les pompiers et les ambulances alignés, attendant de pouvoir les sauver. "Je ne me suis pas sentie bien du tout, mais je n'ai pas paniqué", m'a-t-elle dit.
Ce n'était pas tout à fait la fin de ses épreuves. Après quelques heures d'attente dans l'aéroport O'Hare, les passagers ont été embarqués sur un autre avion à destination de Los Angeles. Mais au lieu d'y aller sans escale, ils ont été informés que l'avion allait atterrir temporairement à Salt Lake City sans qu'on leur en donne la raison. Quand il a atterri, Louise a vu une équipe médicale d'urgence monter dans l'avion, aller jusqu'à la dixième rangée de sièges derrière elle et enlever le corps d'un homme qui était mort d'une crise cardiaque pendant le vol - on pensait qu'il avait dû être traumatisé par l'incendie de l'avion précédent. Louise m'a dit qu'elle s'était sentie très désolée pour cet homme quand elle a réalisé ce qui s'était produit, mais que là encore, "elle n'avait pas paniqué".

Il y avait encore des événements qui l'attendaient. Finalement, ils ont débarqué à Los Angeles pour découvrir qu'ils avaient manqué leur correspondance pour l'Australie parce que l'avion trans-océanique ne pouvait pas attendre et prendre plus de retard. La compagnie a donc annoncé qu'elle allait installer les passagers dans un motel à ses frais afin qu'ils puissent prendre un autre avion le lendemain. Ils étaient obligés de passer la nuit à Los Angeles.
Louise a toujours eu peur d'être dans une ville étrangère. Maintenant, elle était dans une ville étrangère en vertu de ce qui ne peut être décrit que comme des circonstances plutôt étranges. Elle a géré cela sans difficulté. Dans l'avion, elle était assise à côté d'une femme très gentille et elles ont décidé d'aller dîner ensemble à Los Angeles. Louise a oublié d'avoir peur d'une "ville étrangère" et l'escale s'est bien passée.

Leur nouvel avion a décollé pour l'Australie le lendemain matin et Louise a décrit son vol au-dessus du Pacifique comme "un jeu d'enfant" parce que rien ne s'est passé, il n'y avait qu'un océan tranquille à regarder.
Elle a ensuite passé une semaine merveilleuse avec Ted en Australie et son voyage de retour aux USA a été facile. Quand elle m'a téléphoné pour me le raconter, elle était heureuse de son voyage mais (surprise, surprise!) avait une fois de plus eu des discussions très désagréables avec sa mère. Il était clair qu'il restait encore beaucoup de travail thérapeutique à faire. Rome ne s'est pas construite en un jour, comme on dit.
Cependant, à partir de ce moment-là, prendre l'avion n'a plus été un problème pour Louise, pas plus que de conduire sur les autoroutes ou de rester dans les bureaux après les heures ouvrables. L'année suivante, sur une promotion de sa société, Louise a dû se mettre à voyager partout dans le monde pour le compte de l'entreprise, et elle s'y est adaptée.

DIX ANS PLUS TARD...
Maintenant, dix ans plus tard, Louise est mariée et mère de deux enfants. Elle a atteint un poste plus élevé à la direction de son entreprise, elle a beaucoup voyagé en avion depuis cette psychothérapie et elle n'y a plus pensé. C'était comme si elle n'avait jamais eu une telle peur incapacitante.
L'un des aspects les plus intéressants de l'expérience de Louise est qu'il semble qu'elle ait eu une oblitération permanente de sa phobie - dix ans, c'est plus que le fameux "intervalle de cure" de 7 années décrété par la médecine. Pendant ce temps, les anciens mauvais souvenirs de Louise en avion ont été remplacés par une foule de souvenirs positifs. Elle a connu tellement de voyages confortables et faciles à bord des avions que sa réaction première n'est plus pour elle qu'un vague souvenir. Rien n'est meilleur que l'accumulation de bons souvenirs pour effacer des souvenirs négatifs - et dans ce cas, apparemment, de façon permanente.

Mes bons voeux à vous tous!

Pat Carrington

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samedi 29 mai 2010

EFT L'art du Recadrage

Ou comment créer le changement de point de vue qui déclenche la guérison du problème
Cet article est destiné surtout aux praticiens EFT professionnels, mais ceux qui utilisent l'EFT pour eux-mêmes peuvent également en bénéficier.

[Note: Les nouveaux arrivants dans ce blog peuvent quand même en tirer les enseignements, mais il leur est conseillé néanmoins de lire mes posts "EFT c'est quoi?" et "EFT comment" ainsi que la page "Apprendre EFT" pour une compréhension plus complète. En cas de problème médical, veuillez consulter un médecin préalablement.]

Présentation par Gary Graig, créateur de la méthode EFT :
"Tania Prince du Royaume-Uni expose ici ses idées au sujet du recadrage. "Recadrer" veut dire aider le client à voir les choses différemment, ce qui est extrêmement utile dans les cas difficiles. J'ai intégré ce concept à ma méthode depuis des années et je constate régulièrement que les recadrages atteignent le but recherché pour le client beaucoup mieux que le tapotage seul. Tania prépare le terrain pour nous dans son allocution d'ouverture, puis donne trois exemples judicieux."

Traduction de la page :
**http://www.emofree.com/Articles2/power-of-reframing.htm**

Article de Tania Prince, EFT Master :
"Il n'y a rien qui soit bon ou mauvais, c'est la pensée qui rend les choses ainsi". (Shakespeare, "hamlet")
C'est une des choses les plus vraies qui ait jamais été dites. Nous créons nous-mêmes le sens de nos expériences dans la vie. Rien n'est bon ni mauvais avant que nous ayons décidé que c'est bon ou mauvais. Étant donné que nous créons notre propre signification des événements que nous vivons, nous avons aussi la capacité de recréer cette signification d'une manière qui serve à améliorer notre qualité de vie.
Le recadrage est un outil incroyablement efficace à la disposition du psychothérapeute ou du praticien EFT qui peut l'utiliser pour aider le client à changer sa façon de penser à ses problèmes. Cest l'art d'aider un client linguistiquement à déplacer le sens qu'il a donné à ses expériences, vers un nouveau sens plus propice à la santé et au bien-être, lui permettant à nouveau de vivre la vie qu'il veut avoir.

Le recadrage peut se faire sans l'EFT. En fait, les praticiens de la PNL (Programmation Neuro Linguistique) le font couramment rien que dans le contexte de la conversation. Toutefois, le recadrage combiné avec l'EFT est encore plus puissant à mon avis.

Avantages de l'utilisation du recadrage
Il y a d'énormes avantages à l'intégration du recadrage dans la pratique de l'EFT. Cela procure une souplesse accrue qui, bien sûr, augmente le taux de réussite que le praticien peut avoir avec ses clients. Un autre grand avantage de l'utilisation du recadrage, c'est qu'il peut faire paraître la séance très détendue et non rigidement professionnelle parce que cela rend l'approche EFT moins mécanique, par exemple dans une technique comme "chasser la douleur", etc. Pour le client, cela peut sembler une conversation amicale avec le praticien tout en tapotant négligemment, alors qu'en réalité un traitement puissant est en train d'agir, parce que la perception/cognition du client est subtilement influencée dans le sens de son objectif.

L'art du recadrage
Il y a un art précis permettant de proposer un recadrage efficace. Le praticien doit être en relation d'empathie avec le client et doit pouvoir gérer la communication subtile que le client envoie constamment dans sa direction.
Le recadrage ne doit jamais être confondu avec le fait de diriger le client. Quand on "dirige" le client, on le pousse à adopter un nouveau système de croyance, alors que le recadrage est beaucoup plus subtil et respectueux du client dans la manière dont il est appliqué. Le recadrage n'est pas imposé au client, le client peut choisir de l'accepter ou non. Et s'il est proposé correctement, il ne nuit pas à la relation.
Dans mon expérience, les meilleurs recadrages sont ceux qui se font simplement dans l'instant, spontanément, sans que le praticien ait consciemment décidé à l'avance de ce qu'il devrait dire. Comme le praticien a eu des expériences de la vie qui sont différentes de celles de son client, et que par conséquent il a un système de croyances qui est différent, etc., il est tout naturel que lorsque le client raconte son histoire, le praticien ait un point de vue différent sur ce que le client présente. Cela rend le recadrage facile pour le praticien.

Étapes à suivre pour utiliser le recadrage :
- Établir un rapport d'empathie avec le client.
- S'adapter au langage du corps du client et à sa tonalité (de nombreux utilisateurs de l'EFT possèdent cette compétence naturellement et l'appellent simplement l'intuition).
- Demander au client de fournir un contenu sur le problème traité : ce contenu est essentiel afin de pouvoir le recadrer.

Recadrage de base
Il y a plusieurs années, j'ai travaillé avec un client atteint de schizophrénie. Lorsque le client m'a raconté son histoire, il m'a parlé d'un événement dans lequel il avait ri alors qu'il assistait à un enterrement. Le client a interprété ce comportement comme quelque chose signifiant qu'il était quelqu'un de "mauvais".
Tout en l'écoutant raconter son histoire, je me suis demandé : "Qu'est-ce que ce comportement pourrait signifier ?" La pensée qui m'est venue à l'esprit était : innocent comme un enfant, naïf, manque de compréhension des conventions de notre société. Quand j'ai recadré en exprimant cela pour lui, cela a créé un changement chez le client, ce qui l'a aidé à voir son comportement sous un jour nouveau, en lui permettant de se concevoir comme une personne d'une manière beaucoup plus positive.
Bien qu'il existe de nombreuses façons de recadrer, je vous présente ici quelques-uns des recadrages que j'ai utilisés dans ma pratique. Certains exemples sont assez verbeux tandis que d'autres peuvent consister en un seul mot.

Exemple 1 : Recadrage au niveau de l'identité
Il s'agit d'un recadrage que j'ai utilisé avec une cliente qui avait eu des crises de panique depuis plus de dix-neuf ans, en fait depuis l'âge de 6 ans. Au début du processus thérapeutique, la cliente avait exprimé l'idée qu'elle était faible. Il s'agit d'une idée commune pour une personne qui a eu une suite interminable d'expériences dans lesquelles elle se sentait très nerveuse. C'est devenu son identité. Lorsque je demande à ce genre de personne de décrire qui elle est, elle examine immédiatement toutes les expériences de sa vie pour évaluer ce qu'elle est du point de vue du sens qu'elle a donné à ces expériences. Dans ce cas précis, la client a décidé qu'elle était une personne qui avait été faible, car elle paniquait tout le temps.
Après que nous ayons fait un certain travail au sujet des crises de panique, en tapotant sur des événements spécifiques à partir du plus ancien dont elle pouvait se souvenir, nous avons ciblé la croyance "Je suis une personne faible".
Pour mettre en place le recadrage, j'ai employé une métaphore en racontant à la cliente une histoire de mon passé qui mettait en lumière ce que je voulais lui faire faire. L'histoire initiale a été dite tout en tapotant sur le point karaté et en parlant sur le ton de la conversation. À ce stade, j'avais déjà établi d'excellents rapports d'empathie avec la cliente.
Tout en tapotant sur le point karaté, j'ai dit : "Ce qui arrive dans la vie ne compte pas vraiment, c'est le sens que vous donnez à cet événement qui compte. Par exemple, quand j'étais dans le show business, alors que je rentrais à la maison en conduisant ma voiture après un concert, un dimanche après-midi sur l'autoroute M6 en plein jour, mes deux collègues étant avec moi dans la voiture, soudain deux voitures sont arrivées à ma hauteur et ont essayé de me forcer à m'arrêter. Ils avaient des talkies-walkies et se coordonnaient. C'était donc une situation potentiellement négative, mais vous savez quoi ? Je ne l'ai pas vue de cette manière." (Pause, afin de m'adapter à la manière dont le client me suivait.) "C'est parce que j'ai réussi à conduire plus vite qu'eux tout en pensant que je les laissais en arrière, et alors je les ai laissés loin derrière moi."

Et j'ai ajouté : "A cause de cet événement, je sais que dans une situation potentiellement stressante je suis d'un sang-froid de glace et je pense à la vitesse de l'éclair. Ainsi, d'une certaine manière, ce que j'en ai tiré est quelque chose de vraiment positif, parce que si je n'avais pas eu cet événement dans ma vie, je n'aurais pas eu cette connaissance de moi-même. Alors, en réfléchissant à cette expérience, s'il y avait quelque enseignement positif à tirer sur vous-même, pouvez-vous deviner ce que cela serait ?".
La cliente a écouté ce que j'avais dit et a réfléchi un moment avant de répondre: "Je suis une personne forte, parce que j'aurais pu partir au bout de cinq minutes parce que je sentais si mal, mais je suis restée 90 minutes".

Il y a plusieurs points concernant ce type de recadrage qui font qu'il est très efficace :
Point 1 : Je n'ai pas proposé moi-même l'idée qu'elle était "forte", bien que c'était certainement ce que je pensais, mais j'ai permis à la cliente d'arriver à cette conclusion par elle-même. Après qu'elle ait conclu qu'elle était "forte", je me suis contentée d'acquiescer, ce qui a confirmé sa conclusion et donc l'a renforcée. Puisque l'idée est venue de la cliente, elle ne va pas la rejeter.
Point 2: Le recadrage que j'ai fait ici est simplement de suggérer la possibilité qu'il y ait quelque chose de positif sur son identité qu'elle pouvait apprendre de son expérience, une expérience à laquelle elle avait seulement pu penser en termes négatifs auparavant. En utilisant le mot "si", je contourne la résistance à l'idée que je propose.
Point 3: Les "niveaux neuro-logiques" sont un modèle de thérapie mis au point par Robert Dilts, un professeur de PNL bien connu qui a écrit de nombreux livres. Dans ce modèle, il cite les différents niveaux sur lesquels vous pouvez cibler une intervention thérapeutique. Plus le modèle est haut, plus l'effet est profond. L'identité est au sommet de l'échelle dans ce modèle, donc lorsqu'on fait passer la personne d'un concept concernant qui elle est à un nouveau concept plus valorisant, on crée un changement très puissant qui va se manifester dans de nombreux autres domaines de sa vie. Il est intéressant de savoir que, peu de temps après que ce recadrage ait eu lieu, la cliente a commencé à faire de l'escalade sur un mur d'entraînement dans un centre de loisirs, même alors que la panique n'avait pas entièrement disparu à ce moment-là et que le traitement continuait encore.

Exemple 2 : J'aurais dû pouvoir faire face
Un autre recadrage que j'utilise de temps à autre est celui qui traite de l'idée souvent avancée par les clients qui ont connu des crises de panique pendant des années :
"J'aurais dû être capable de gérer cela".
La façon dont je l'applique est tout simplement de poser quelques questions tout en tapotant sur le point karaté.
La première question posée au client est : "Avez-vous vu un médecin au sujet de ces crises de panique ? Et est-ce qu'il a géré ce problème ?" Ensuite j'attends en permettant ainsi au client de réfléchir à ce que je viens de mettre à sa disposition.
"Non" est la réponse. A ce stade, le client est souvent curieux de savoir où vous êtes en train de le mener avec vos questions. La curiosité est un état génial pour l'apprentissage.
Alors je continue : "D'accord. Et est-ce que vous avez vu un psychologue ou psychothérapeute à ce sujet ? Et a-t-il pu gérer cela ? " Encore une fois, j'attends tranquillement qu'il ait enregistré ce que j'ai dit.
"Non", répond-il.
"Hum... (en me mettant dans un état mental de réflexion) ... et pourtant, vous pensez que vous, vous AURIEZ DU POUVOIR gérer cela ?"
Souvent, à ce moment le client commence à sourire, car il commence à voir le problème sous un angle nouveau.

J'ai souvent été un peu plus loin que cela : "Alors, vous attendez-vous à pouvoir gérer votre problème vous-même alors que ceux qui ont étudié la psychothérapie ou la médecine toute leur vie ne le peuvent pas ?". J'ai l'habitude de faire cela en y mettant un certain amusement parce que le client se rend compte de la vérité de ce que j'ai dit, alos il peut aussi y voir le côté amusant. En fait, à ce stade, il n'est pas rare que le client dise : "Je n'avais pas pensé à cela de cette façon." Ceci est une preuve très solide du fait que le client est en train de repenser son problème d'une nouvelle manière.
Comme suite à cela, je dis : "Personne ne vous a donné un manuel vous expliquant comment gérer une crise de panique lorsque vous êtes né." En disant cela, je suis à l'écoute de la réaction du client à ce que je dis afin de m'assurer que le recadrage a effectivement contribué à lui faire abandonner l'idée "j'aurais dû être capable".

Dans l'optique des niveaux neuro-logiques de thérapie de Robert Dilts, il est facile de voir comment fonctionne le recadrage. Il déplace le problème de ce qui les concerne personnellement, la question de leur identité, à un niveau où ils ont seulement manqué d'informations - en d'autres termes, ils ne savaient pas COMMENT gérer. Ainsi, le recadrage fait passer le problème d'un manque de caractère à un manque d'information, tout simplement.

Exemple 3: Recadrage en un seul mot
Tous les recadrages n'ont pas besoin d'être aussi élaborés ou verbeux que ceux que je viens de mentionner. Parfois, l'introduction d'un simple mot est tout ce qui est nécessaire.
L'exemple qui suit est l'un des recadrages les plus simples que j'aie jamais utilisés. Il a été utilisé dans un cas où je travaillais avec une cliente qui avait une phobie des séances chez le dentiste. A ce moment de la séance, je l'avais fait revenir sur deux événements précis qui avaient eu lieu alors qu'elle était dans le fauteuil du dentiste et qu'elle avait ressenti une douleur et une gêne extrêmes, obligée de rester dans le fauteuil jusqu'à ce que les travaux dentaires soient terminés. Dans le premier événement, elle s'était décrite en train de penser "Je vais mourir". J'avais utilisé une exagération extrême dans les phrases de rappel. Alors, quand j'ai commencé à travailler sur le deuxième événement, entre autres choses, j'ai dit : "Je vais mourir... à nouveau".
Dans la vie de la plupart des gens, on ne meurt qu'une fois, alors, en disant "à nouveau", je lui faisais subtilement remarquer qu'elle avait survécu la première fois.

En apprendre davantage sur l'art du recadrage
Comme avec toute les compétences, on devient parfait en pratiquant. Plus vous augmentez votre expérience, plus vous devenez capable de recadrer efficacement. Cependant, je vous recommande fortement de lire le livre de Robert Dilt qui s'appelle en anglais "Sleight of Mouth". Ce livre décrit de multiples façons de faire le recadrage et il est une excellente ressource pour ceux qui voudraient vraiment maîtriser cet art.
Tania Prince, EFT Master (Royaume Uni)

(Lire aussi la page : "Le recadrage EFT", menu en haut de cette page)

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mercredi 19 mai 2010

EFT et les Constellations Familiales

Une approche qui prend en compte l'historique des événements survenus dans la famille autour d'une personne.
Gary Craig présente ainsi cet article qui en déroutera plus d'un :
"Deborah Donndelinger écrit: "J'ai mis en place une approche permettant l'utilisation de l'EFT pour résoudre des problèmes profondément enracinés dans l'histoire familiale." Vous pourriez trouver cela utile."

Traduction de la page :
http://www.emofree.com/Articles2/family-history-deb.htm

Article écrit par Deborah Donndelinger, praticienne EFT :

Bonjour Gary,
J'ai mis en place une approche permettant l'utilisation de l'EFT pour résoudre des problèmes profondément enracinés dans l'histoire familiale, que j'appelle "l'énergétique familiale". J'obtiens des résultats tout à fait intéressant pour chacun des clients avec lequel j'utilise cette approche. C'est parce que j'oblige les gens à regarder dans des domaines qui les affectent sans qu'ils en aient la moindre conscience, et qu'ensuite j'utilise EFT pour nettoyer ces zones, doucement et avec efficacité. Ainsi, cette approche ajoute une nouvelle ligne de questions pouvant démontrer sur quoi il faut faire le tapotage. Je ne recommande pas cette approche pour les gens qui sont nouveaux dans l'utilisation de l'EFT.
[COMMENTAIRE DE PIVOINE : Si vous ne connaissez pas l'EFT, je vous recommande d'abord de lire mes sélections de posts "EFT c'est quoi" et "EFT comment" dans la colonne de droite, ainsi que la page "Apprendre EFT" ci-dessus.]

Mes clients, et y compris de nombreux praticiens EFT pourtant aguerris, sont agréablement surpris de la quantité d'énergie déplacée et des grands résultats obtenus. Ils ressentent un plus grand sentiment de paix et de facilité dans leurs relations familiales, leur travail, leurs problèmes d'argent, et pour s'aimer eux-mêmes - tout ça est très bon !
J'aime cette approche parce que c'est une extension du principe fondamental de l'EFT qui consiste à s'aimer soi-même quelles que soient les circonstances (ce que nous disons dans la phrase de départ) à l'ensemble du système de la famille ancestrale. Il s'agit d'un désir humain intégré en nous : nous voulons nous sentir bien par rapport à la lignée d'où nous venons et ce que nous sommes.
Le postulat de départ, emprunté au champ des Constellations Familiales, est que dans n'importe quel endroit il y a une personne qui est exclue de l'histoire familiale et qui n'a pas été reconnue. Il y a une déperdition de l'amour disponible pour la personne. La solution est de trouver qui et quoi ont été perdus.
Nous utilisons ensuite EFT pour effacer les émotions pour toutes les personnes impliquées, en utilisant le tapotage EFT (pour soi-même) et le tapotage de substitution (surrogate tapping, pour des personnes non présentes). Ceci ouvre le chemin afin que nous puissions ressentir et retrouver l'amour qui nous soutient, ce qui est la clé pour aller de l'avant et pour débloquer en grand notre capacité de nous aimer nous-mêmes, d'aimer nos familles et le monde en général.
Nous bénéficions d'un grand soutien quand nous sommes énergétiquement reliés à notre lignée familiale. Quand nous pouvons regarder chaque accident, chaque mauvaise action, chaque chose horrible qui s'est passée et voir l'amour qui est derrière cette histoire, nous entrons dans un espace de pardon et de liberté. Cela nécessite, de la part du praticien, une capacité très réelle et profonde d'absence de jugement pour voir les personnes sous l'angle de l'amour, indépendamment de leurs actions. Cela nécessite le courage de voir ce qu'il y a dans le système (familial), ainsi que la connaissance du fait que les émotions peuvent être effacées grâce au tapotage. Encore une fois, je ne recommande pas cette approche pour des gens qui débutent avec EFT.

Quand utiliser l'énergétique familiale avec EFT
L'approche que je décris ici est quelque chose que j'utilise le plus souvent avec des gens qui ont déjà fait beaucoup de tapotage. En fait, il n'y a peut-être pas de symptôme évident ou de problème de surface, mais après avoir fait ce travail, la personne se sent encore mieux qu'avant. Cela peut aussi être utilisé lorsqu'il y a des problèmes spécifiques en cours de traitement. Je l'utilise après que nous ayons tapoté sur les problèmes spécifiques. Impérativement, je ne l'utilise pas comme première exposition du client à la méthode de tapotage EFT. La personne a d'abord besoin de développer sa confiance dans l'efficacité de l'EFT. Ma préférence est de faire cet exercice avec chaque client; tant que des matériaux riches se présentent.

Comment l'utiliser
La première chose avec laquelle commencer, c'est la connexion du client avec ses parents. Je demande au client de s'imaginer en face de sa mère et de son père et de me dire ce qu'il remarque. Je n'ai jamais rencontré un seul client qui n'ait eu une intensité émotionnelle en faisant cet exercice pour la première fois. En fait, si je soupçonne qu'il puisse y avoir une réaction très forte, j'utilise une version de la "technique du Traumatismes Sans Larmes (voir mes posts "EFT Dossiers pour pros") et je demande au client d'imaginer qu'il imagine ses parents en face de lui.
J'utilise une combinaison du langage de mon client et du mien pour introduire un certain recadrage. Voici un exemple fondé sur un ensemble d'expériences que j'ai eues avec plusieurs clients.
Moi : Imaginez que vos parents sont devant vous, vous faisant face. À quelle distance sont-ils pour vous?
La cliente : Mon père est juste devant moi et ma mère est un peu plus loin sur le côté, dans le coin. Elle se détourne.
Moi : Comment vous sentez-vous en voyant votre père ici et votre mère plus loin ?
La cliente : J'ai peur. C'est comme s'il allait me faire du mal et que ma mère ne va pas m'aider.

Selon le degré d'intensité que la cliente ressent, nous pouvons commencer à tapoter immédiatement, ou bien je peux demander plus d'informations sur la façon dont la cliente ressent l'intensité dans son corps. Je lui demande son niveau d'intensité pour que nous puissions suivre les progrès.
- "Même si j'ai peur parce que mon père va me faire du mal et que ma mère n'est pas disponible pour m'aider..."
- "Même si j'ai cette peur au ventre, j'aime et j'accepte ma peur néanmoins..."

Comment introduire le recadrage
- "Même si la colère de mon père n'était pas à mon sujet, mais que c'est moi qui étais là pour la ressentir, je m'aime et je m'accepte, et je me pardonne de toute façon."
Extrémité interne du sourcil : "Cette colère"
Coin de l'oeil : "Ce n'est pas pour moi"
Sous l'oeil : "J'ai été la cible"
Sous le nez : "Cette peur"
Menton : "Ce n'était pas pour moi."
Clavicule : "J'ai été la cible."
Sous le bras : "Je regarde cette peur et cette colère maintenant et tout va bien."

Une fois que le niveau d'intensité est descendu à 3 ou moins sur l'échelle de 0 à 10, nous avançons. L'étape suivante consiste à s'interroger sur la perte sous-jacente qui est à l'origine de la déconnexion par rapport à la famille. Puisque cette perte est souvent cachée, nous avons besoin de savoir ce qu'il faut chercher. Il est important pour le praticien de garder en tête l'image de chaque génération de parents se reliant à leurs enfants, avec le courant d'amour qui coule de génération en génération. C'est l'image de la solution. Notre travail consiste à découvrir pourquoi l'amour a cessé de couler librement et à SAVOIR que la connexion peut être rétablie grâce à ce travail.
Il y a des questions-clés qu'il faut poser à ce stade. Je suis à la recherche d'enfants disparus, de fausses couches, d'amours perdues, de morts précoces, de crimes, de pertes dues à la guerre, de la perte d'une patrie, de tout endroit où une connexion a été perdue et où cette perte n'a pas été correctement reconnue.

Dans le cas présent, sachant qu'il y a une bonne raison pour que la mère se détourne et que nous devons trouver une façon de renouer le lien entre la mère et la cliente, je pose des questions sur l'histoire de la mère. S'il vous plaît, notez que je ne demande rien sur le père. Nous sommes à la recherche de l'endroit où l'énergie est pompée ou bien a disparu du système familial. La mère est la personne qui n'est pas disponible, ce n'est pas le père.
La cliente me dit qu'avant elle, sa mère a perdu un enfant au cours de l'accouchement. Selon le degré d'intensité de la cliente, nous pouvons tapoter immédiatement ou bien je peux lui demander d'imaginer simplement qu'elle regarde sa mère pleurer l'enfant qui n'a pas pu naître. Ensemble, nous tapotons pour la mère et pour l'enfant mort-né.

Tapotage pour la mère :
- "Même si j'ai perdu mon bébé, et que je ne peux pas soutenir cette émotion, je suis ouverte à l'idée de m'aimer moi-même de toute façon."
- "Même si je me sens indigne d'être aimée parce que j'ai perdu mon bébé, je suis ouverte à l'idée que je suis toujours la mère de ce bébé."
- "Même si ce bébé me manque terriblement et que je ne le savais pas, je prends conscience que j'ai un autre enfant qui a besoin de mon amour."
Extrémité interne du sourcil : "Cette perte insupportable"
Coin de l'oeil : "Je veux mon bébé"
Sous l'oeil : "Ils ne m'ont même pas permis de le tenir dans mes bras."
Sous le nez : "Ce chagrin"
Menton : "Je veux mon bébé"
Clavicule : "Cette perte"
Sous le bras : "Maintenant je suis prête à voir mon bébé."

Il est temps maintenant d'introduire la notion que le bébé et la mère sont toujours reliés par l'amour et que la mère est disponible pour son enfant vivant.
Extrémité interne du sourcil : "Je vois ce bébé, cette petite fille aura toujours une place dans mon coeur."
Coin de l'oeil : "Je vois ce bébé, cette petite fille est à moi, elle est à nous, elle aura toujours une place dans nos coeurs."
Sous l'oeil : "Je vois ce bébé, cette petite fille est à nous. Elle était le premier enfant."
Sous le nez : "Et nous avons eu un autre bébé."
Menton : "Je suis la mère de deux enfants."
Clavicule : "Je peux voir mes deux enfants maintenant."
Sous le bras : "Je peux ressentir l'amour pour mes deux enfants."

Je demande à la cliente de vérifier à nouveau comment elle se sent en imaginant qu'elle regarde sa mère et sa petite soeur. A ce moment, la cliente se rebranche sur son propre sentiment de perte d'une petite soeur et nous tapotons sur cela.
Après quelques séquences de tapotage, lorsque la cliente se sent en paix, nous revenons à l'exercice du début quand la cliente s'imagine en face de ses parents. Dans le cas présent, la cliente se sent complète. Elle se sent reliée à ses deux parents. Quand elle vérifie avec moi plus tard dans la semaine, elle me raconte combien elle se sent reliée à ses propres enfants maintenant et combien les choses lui semblent plus faciles globalement. Lors d'une réunion de famille, plus tard dans le mois, elle est étonnée de voir qu'elle se connecte mieux avec sa famille élargie et qu'elle n'a plus l'impression de ne pas en faire partie.
Il existe de nombreux niveaux pour cette approche : la connexion aux grands parents et aux arrière-grands-parents, le lien avec notre patrie, le lien avec nos propres enfants, et la connexion avec notre conjoint. Certains clients ont besoin d'explorer les nombreuses facettes de leur histoire familiale, d'autres ont simplement besoin de faire cet exercice de connexion que je viens de décrire. Peu importe comment cela peut être fait, mais imaginez que toutes les personnes qui ont appris à utiliser l'EFT soient en mesure de se sentir reliées à leur lignée familiale, soutenues et aimées par leurs antécédents. Est-ce que cela ne serait pas un grand élan d'amour qui serait disponible pour le monde ? C'est mon rêve.
En vous serrant dans mes bras, et avec tous mes remerciements pour ce que vous faites.

Deborah Donndelinger, EFTCert-I

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dimanche 11 avril 2010

EFT pour un cas de traumas graves

Trois séances d'EFT pour vaincre la dépression, la colère et les conséquences de traumatismes d'abus sexuels
Attention, pour psychothérapeutes professionnels seulement.
Si vous avez peur des images derrière les mots, ne lisez pas.

Ici, la psychothérapeute donne seulement la liste des détails sur lesquels elle a travaillé. Dans le travail avec EFT, chaque détail compte et aucun ne doit être laissé de côté. Il est évident que pour chaque émotion elle a fait l'évaluation sur l'échelle de 0 à 10, a fait répéter une "phrase de départ" et ensuite des "rappels" qu'elle a fait évoluer tout en tapotant les points d'acupressure - selon la méthode qui a été déjà abondamment décrite dans ce blog. (Lire la page "Apprendre EFT" ci-dessus). Enfin elle a testé et re-testé pour vérifier que dans chaque cas il n'y avait plus d'émotion négative.
Une personne non suffisamment formée professionnellement, même utilisant l'EFT pour d'autres types de problèmes depuis longtemps, ne devrait pas s'aventurer à traiter ce genre de cas. Il ne suffit pas de 280 heures.

Gary Craig nous présente ce cas :
"Voici un travail magistral réalisé avec EFT par Shelley Hawkins-Clark. Notez la façon dont elle guide son client à travers différents problèmes liés à des sévices graves. Bien à vous, Gary."

Traduction de la page :
**http://www.emofree.com/Trauma/depression-anger-sexual-abuse.htm**

Par Shelley Hawkins-Clark, EFT-ADV

Cher Gary,
À la demande pressante d'une belle-mère attentive et généreuse, un client est venu récemment me demander de l'aide pour le fait de se sentir fermé, dépressif et empêtrés dans des problèmes de couple. Il voulait pouvoir mieux communiquer avec sa femme et ses filles, se sentir plus confiant et "ne pas être malheureux." Sa colère commençait à l'effrayer. Il vit dans une autre partie des États-Unis alors nous avons donc fait tout ce travail par téléphone. Il était très sceptique vis-à-vis de l'EFT tout en espérant que cela lui serait utile.
Dans chacune des trois séances, j'ai abordé d'importantes questions avec lui. Dans son enfance, il avait été sexuellement abusé, forcé à regarder le viol de sa sœur par son demi-frère, et envoyé dans un foyer pour garçons où il avait également été violenté physiquement et sexuellement. Il a la trentaire et, il y a un peu plus d'un an, sa sœur a été sauvagement assassinée et le responsable est resté impuni. Vous pouvez imaginer la soupe d'émotions dans laquelle il marinait depuis des années.

Première séance
Je lui ai demandé ce qui lui pesait le plus. Il a d'abord voulu traiter l'assassinat de sa sœur. J'ai commencé avec la technique du film pour ramener l'anxiété générale a zéro, puis nous avons abordé différents aspects de l'événement; sa culpabilité pour n'avoir pas pu l'empêcher, sa colère parce que le type s'en était tiré, le fait de ne pas pouvoir se pardonner de n'avoir pu rien faire quand elle lui avait récemment demandé de l'aide, la tristesse, le deuil, le fait que son neveu ne connaîtra pas sa mère. Cet événement a été complètement neutralisé au cours de la première séance.

Deuxième séance
Dans la deuxième session, j'ai continué en lui posant des questions relatives à l'assassinat de sa sœur. Il m'a dit qu'il avait dû "s'obliger à y penser" au cours de la semaine pour voir si cela le dérangeait encore. Il n'avait plus aucune réaction à cet événement. Il a ensuite voulu faire face à sa colère. Il estimait qu'il n'avait pas le droit de se sentir en colère, et il a dit qu'il ne se faisait pas confiance à cause de sa colère. Il se sentait coupable d'avoir cassé le nez d'un type quelques années plus tôt et de ne pas être allé en prison. J'ai commencé à traiter les détails : le regret, la culpabilité, le fait qu'il aurait dû être puni, la peur d'exprimer sa colère. Chaque détail a été ramené à zéro à partir d'une intensité de 6 à 8 sur 10. Au fur et à mesure de ce travail, une porte s'est ouverte pour qu'on puisse travailler sur les abus sexuels (c'est ainsi qu'avec EFT le travail se facilite).
Dans le reste de la session, nous avons abordé le viol de sa sœur. J'ai utilisé la technique du film extensive, afin qu'il n'ait pas à en parler ni à y penser, en traitant son angoisse générale au début, qui était à un niveau d'intensité de 10. Quand son agoisse générale au sujet de ce "film du demi-frère psychotique" a été ramenée presque à 0, j'ai traité les autres crescendos d'émotion jusqu'à ce que chacun ait été éliminé.
Pour tester s'il n'y avait aucun reste d'angoisse, je lui ai demandé s'il pouvait maintenant me raconter l'histoire de ce qui s'était passé. Il pensait que c'était possible, puisque le fait de faire se dérouler le film dans son esprit ne causait plus aucune réponse émotionnelle. Une réaction légère s'est fait sentir néanmoins au moment où il s'est souvenu de quelques détails supplémentaires tout en racontant à haute voix. J'ai traité chacun de ces restes et je lui ai demandé de me raconter l'histoire à nouveau.
Après qu'il m'ait raconté l'histoire, je lui ai demandé si, sur aucun des points de cette histoire, il y avait encore quoi que ce soit qui le gênait. En général, je sais intuitivement s'il y a quelque chose d'autre, mais je tiens quand même à re-vérifier en demandant à mes clients. Cela ouvre également la porte à de nouveaux aspects et points de vue sur le problème. Il est resté silencieux pendant un long moment et, enfin, a dit, "Juste une minute, je suis toujours en train de chercher." Puis il a dit qu'il se sentait stupéfait. "Incroyable ! J'ai porté cela toute ma vie et maintenant c'est parti."

Troisième séance
Dans la troisième session, nous avons commencé à nous occuper de la violence physique et sexuelle qu'il avait subie chez lui et au ranch de garçons. Nous avons commencé avec une combinaison de la Technique du Film et de la technique du Traumatisme Sans Larmes, avec des titres comme "les Terreurs" et "Le Ranch".
La douleur causée par ces événements a été neutralisée, jusqu'à ce que nous arrivions à un type particulier de violence sexuelle. Je n'arrivais à rien faire bouger. Intuitivement, je lui ai demandé si le problème venait du fait d'aborder cela avec une femme psychothérapeute. En effet, c'était difficile et stressant pour lui d'aborder ces questions en général, mais surtout très gênant avec une femme, même si nous travaillions à nouveau en utilisant la Technique du Film dans laquelle le client ne décrit rien.
Alors, j'ai ignoré les abus sexuels et j'ai dirigé le tapotage entièrement sur les aspects de honte, de gêne ainsi que sur d'autres émotions liées au fait de seulement penser à travailler sur ce prolème avec moi. Une fois que ces éléments ont été nettoyés, je suis revenue sur les abus sexuels. Sans que nous ayions tapoté sur aucune partie des événements proprement dits, le problème s'était disloqué. Ensuite, il m'a décrit ce qui avait eu lieu et il n'y avait plus aucune charge émotionnelle.

Suivi
Plusieurs semaines plus tard, j'ai commencé à travailler avec sa femme comme cliente et je lui ai demandé comment il allait. On ne sait jamais exactement comment la nouvelle liberté peut prendre forme lorsqu'on est dégagé des causes énergétiques d'émotions qui ont été piégées en nous. Souvent, c'est comme un "réveil".
Voici une partie de ce qu'elle m'a écrit.
"Voici l'histoire de mon mari aux yeux d'une femme reconnaissante ! Ces trois dernières années, mon mari avait été comme un mort-vivant. Il était constamment maussade, négligé, sur la défensive pour chaque petite chose et surtout, il battait froid à mes avances, émotionnellement ou physiquement. Il n'a jamais été intentionnellement méchant ni agressif, seulement très apathique envers le monde autour de lui, y compris envers moi-même et notre petite fille de quelques mois.
"Généralement, quand il rentrait de son travail, ou il dormait sur le canapé en attendant le dîner, ou il zonait devant la télé. La conversation était MINIME à l'exception de "Comment était ta journée", et il semblait rire très rarement. En tant que conseillère dans le domaine de la toxicomanie, j'ai facilement reconnu les signes de "dépression clinique". C'était comme de vivre avec un zombie, on se sentait mal en vivant avec lui. [... Après que sa sœur ait été assassinée] je l'ai regardée, impuissante, descendre au fond d'un désespoir complet.
"Après qu'il ait fait les trois séances en 3 semaines environ, il a commencé à agir un peu différemment. Ces dernières [semaines] ont été incroyables. Il est devenu une personne complètement différente. Il est motivé au travail, il aide dans la maison, la télévision ne semble plus être d'un grand intérêt pour lui, il m'aide à préparer le souper, il joue avec notre fille de 14 mois et montre un grand intérêt pour ce que nous faisons pendant qu'il est au travail. Il raconte des blagues vraiment drôles et a de grands éclats de rire! Je ne savais pas qu'il pouvait être aussi drôle! Il a commencé à s'occuper de son apparence et, quand nous sommes allés à un mariage dernièrement, je n'ai pas eu à lui suggérer de porter son costume!
Il communique beaucoup plus avec moi et sur des niveaux plus profonds que jamais. Je sens vraiment que je commence à le connaître à nouveau !
"Il est auto-motivé pour s'occuper de tâches ménagères au lieu que ce soit moi qui le supplie encore et encore de faire quelque chose. Il communique avec moi au sujet des plans pour l'avenir et semble s'intéresser beaucoup plus à ma grossesse. Il m'invite à sortir et recherche des moments d'intimité ! Sa dépression semble vraiment avoir vraiment disparu et il semble être en mesure de se concentrer sur les buts et objectifs beaucoup mieux qu'avant. Je ne peux pas vous dire combien il est différent - c'est véritablement comme le Dr Jekyll et M. Hyde, sauf que maintenant j'ai le bon type avec moi tout le temps !
"Certes, je me demandais si c'était l'EFT qui avait fait tout ça, alors je lui ai demandé ce qui l'avait fait changer. Il m'a succinctement répondu : "Dieu m'a amené à l'EFT, et l'EFT m'a ouvert les yeux et m'a ramené à Dieu." Alors là, je suis croyante !"

Moi aussi, Gary, moi aussi.

Shelley Hawkins-Clark, EFT-ADV

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NOTE DE PIVOINE : Je donne dans ce blog des traductions de ce type d'étude de cas à l'intention des psychothérapeutes professionnels, pour les convaincre de l'intérêt de la méthode EFT, afin que cette méthode plus rapide et moins douloureuse que la psychothérapie classique ne soit pas utilisée que par des coach de développement personnel et des débutants bien intentionnés.
J'aimerais pouvoir conseiller à mes lecteurs des praticiens EFT professionnels réellement qualifiés pour ce genre de cas en France. 

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samedi 6 mars 2010

EFT technique de la boite à traumas

Pour les "pros" : Un modèle de traitement pour les cas de traumatismes extrêmes
Cet article présente une utilisation très créative des trois techniques proposées dans la méthode EFT pour traiter les traumatismes graves :
- La technique du "Trauma Sans Larmes" (on devine l'intensité d'émotion sans du tout se replonger dans l'événement et on tapote pour cette émotion supposée).
- La "technique du Film" (l'événement est un film qui se déroule devant soi, on l'arrête dès qu'il y a une montée d'émotion et on fait le tapotage).
- La technique de "Raconter l'Histoire" : on raconte l'événement tout en faisant le tapotage EFT au fur et à mesure.
Le Dr Garfield ajoute à tout ceci un travail sur les parties de la personnalité qui peuvent avoir été dissociées par le choc du traumatisme.

Cet article est destiné aux psychothérapeutes expérimentés qui seront plus à même de comprendre l'ensemble de ce qui est décrit ici.
Note: Cet article suppose que vous ayez déjà une bonne connaissance de l'EFT et comment s'en servir. Si ce n'est pas le cas, téléchargez le manuel gratuit, lisez mes posts dans les rubriques "EFT c'est quoi" et "EFT comment" et vérifiez que vous connaissez la bonne position des points d'acupuncture à utiliser en allant sur la page du site de Geneviève Bagos : http://www.technique-eft.com/animation-session-eft.php
Et selon le conseil habituel de Gary Craig : restez dans la zone où vous avez pied, ne vous aventurez pas dans un domaine pour lequel vous n'êtes pas qualifié.

Le Dr Shoshana Garfield, de Grande Bretagne, envoie ce témoignage à Gary Craig, fondateur de la méthode EFT.
Traduction de la page du site en anglais :
**http://www.emofree.com/Trauma/trauma-movie-variation.htm**

"Cher Gary,
"C'est un article de Stewart Robertson au sujet de la "technique du film" qui m'a inspiré l'envie de vous écrire. J'utilise un processus spécial destiné à rendre aussi peu dangereux que possible l'accès à un trauma, avant de faire la "technique du film". J'ai également tendance à encadrer cette "technique du film" de plusieurs autres techniques de guérison. Voici un résumé du processus :

1. La "check-list" d'avant décollage.
2. Le contenant : je demande au client d'imaginer qu'il met chaque événement sous forme de film dans un DVD ou une vidéocassette, puis je leur demande d'enfermer tous ces DVD ou vidéocassettess dans une "boite" ou "contenant". Je leur demande de décrire la boite avec un grand luxe de détails, puis nous faisons le tapotage pour neutraliser l'intensité initiale concernant le contenu global (à noter que cela fait une étape de tapotage en moins pour l'intensité émotionnelle concernant ces "enregistrements" imaginaires). Une fois que l'intensité est descendue à 0 ou à 1 sur 10, faire la suite :
3. Travail avec la "technique du film"; puis,
4. Travail sur les "personnalités dissociées". Il faut faire le travail de guérison avec chacune des parties de l'individu qui peut avoir été séparée et isolée par le trauma.

La check-list d'avant décollage
Avant de commencer à utiliser le tapotage EFT directement sur ce que le client demande à traiter, j'ai parfois besoin de travailler beaucoup sur ce que j'appelle ma "liste de vérifications avant décollage". J'ai d'abord été alertée sur la nécessité d'un tel travail de base par Jacqui Crooks (EFT Master britannique), au cours d'une conférence EFT à Londres, en 2006. Elle avait expliqué que de nombreuses personnes, moi y compris à l'époque, ont souvent besoin de tapoter sur le fait de "mériter la guérison" avant qu'un traitement profond puisse être entamé. Voici une courte liste des choses que je considère comme les plus importantes à tester ou à vérifier préalablement, en demandant au client :
-- Est-ce qu'il mérite de guérir ?
-- Est-ce qu'il se sentirait coupable s'il guérissait ?
-- Est-ce qu'il est parasité par quelque chose qui est entré en lui, esprit mauvais, etc. ?
-- A-t-il fait des promesses ou des serments, ou envoyé une malédiction quelconque [MON
COMMENTAIRE : A-t-il juré de "ne pas guérir si..." ou de "prendre sur lui" la maladie de quelqu'un d'autre ? Ou "voulu du mal" à quelqu'un et en a été puni ? Est-ce une punition parce qu'il n'a pas tenu une promesse ? L'auteur se réfère à une technique nommée "Quantum Healing". NDT]
-- Qui sera-t-il lorsqu'il aura guéri ?

Si ces questions ne sont pas abordées en profondeur, on a beau faire le processus EFT pour la guérison, cela passe complètement à côté, ou bien les progrès sont minimes. Voici un exemple de "phrases de départ" à utiliser :
- "Même si j'ai un démon en moi (ou une entité, des parasites énergiques, etc...)..."
- "Même si j'ai été un hôte tellement généreux et que c'était avec une bonne intention ... je peux mieux m'occuper de moi-même si je laisse ces parasites énergétiques partir, je mérite de les laisser partir et ils seront mieux ailleurs. Je choisis maintenant de laisser partir ces parasites énergétiques. Je me donne à présent la permission de faire partir définitivement toutes les entités indésirables qui m'habitent."
Phrases de rappel :
- J'ai été porteur de ces choses
- Il est temps de les laisser partir
- J'ai donné trop de moi-même
- Cela m'a coûté beaucoup
- Je me permets de me libérer de ces entités
- J'ai choisi de les laisser partir
- Je les renvoie là où elles seront mieux (Dieu, l'univers, etc., tout ce qui convient au système de croyance du client)
- Je les envoie tous au loin maintenant
- Ils vont vers ...
- Je me permets de garder mon énergie pour moi
- Je scelle mon système d'énergie et je conserve mon énergie pour moi
- Je suis reconnaissant d'avoir pu laisser ces entités partir et d'avoir refermé mon système énergétique.

Création du "contenant"
Parfois, certaines expériences sont si intenses qu'on a besoin de les mettre à distance pour pouvoir les gérer et les traiter plus facilement. Une façon de mettre en place efficacement cette distance de sécurité pour que la guérison puisse se faire est de demander au client d'imaginer qu'il met sous forme de vidéo son expérience traumatisante, qu'elle soit unique (une agression par exemple) ou qu'elle se soit répétée en série (pour les victimes de harcèlement ou de maltraitance, une vidéo par incident survenu), puis de mettre tous ces "enregistrements" sous forme de DVD ou de vidéocassettes dans un "contenant" de leur choix.
La plupart des gens imaginent une boîte quelconque, alors que d'autres sont plus créatifs. Parmi ma clientèle, j'ai eu des "constructions" variées, depuis la boîte à chaussures (grise, sans rien d'écrit dessus) jusqu'à deux immenses gratte-ciels noirs (sans fenêtre, brillants, réfléchissants et durs). Lorsque le client décrit le contenant, il retrouve son pouvoir - il prend le contrôle sur le processus, c'est lui qui crée selon ses besoins.

Plus il y a de détails, mieux c'est, et on peut poser des questions afin d'obtenir des détails complémentaires. Quelle est la taille de ce contenant ? En quoi est-il fait? Y at-il des charnières, un verrou ? A quoi est-ce que ça ressemble? Comment est-il au toucher, quelle est sa texture ? Est-ce qu'il a l'air neuf ou vieux, a-t-il déjà été utilisé, est-il usé ? Y a-t-il quelque chose d'écrit dessus? Il faut s'assurer que le contenant fait bien son travail ! S'il y a des fissures, on demande au client de les boucher comme il le souhaite avant de continuer. Il faut se souvenir de tous ces détails parce qu'on devra les renvoyer en miroir au client.
On peut ainsi approcher le contenu de la boite en toute sécurité de plusieurs façon différente, et je choisis ce que je sens qui serait le mieux en fonction de chaque client. Voici quelques façons de faire.

Deviner l'intensité
On peut demander au client d'imaginer une autre personne qui aurait vécu cela et ressenti la même chose que lui, et de dire quel serait le niveau d'intensité de cette personne, sur une échelle de 0 à 10, pour tout le contenu de la boite. Il faut alors re-décrire cette boite au client avec autant de détails que possible pour maintenir la "réalité" du contenant par une expérience multi-sensorielle. Et ensuite, on fait le tapotage EFT jusqu'à ce que le client ait atteint un niveau de 0 ou 1 sur 10. Une fois arrivé là, on fait la "technique du film".
Si la personne se sent suffisamment en sécurité pour le faire sans déclencher une abréaction, on lui demande - tout en conservant l'événement à l'intérieur de la boite bien fermée et complètement étanche - de DEVINER quelle intensité il pourrait atteindre s'il se mettait à seulement PENSER au contenu de la boite. On lui décrit ce contenant à nouveau.
[MON COMMENTAIRE : Il s'agit ici d'une variante de la technique du TRAUMA SANS LARMES. Voir le post http://secret-abondance.blogspot.com/2010/02/eft-tutoriel-technique-du-traumatisme.html NDT]

Vous pouvez aussi supposer vous-même que son niveau d'intensité serait de 10 sur 10, si au cours des discussions préalables vous en avez eu la preuve. Ou vous pouvez simplement en parler avec le client pour savoir quels mots il utilise et pouvoir lui renvoyer son langage tout en faisant le tapotage. Puis, après une ou deux séquences, vous lui redemandez quel est son niveau d'intensité. Continuez le tapotage, et une fois que le niveau d'intensité est descendu à 0 ou à 1 sur 10, vous pouvez procéder à la "technique du film" [voir description dans le post http://secret-abondance.blogspot.com/2008/11/eft-et-les-mauvais-souvenirs-qui-nous.html NDT].
Une partie de la technique "de la boite" consiste à regrouper l'intensité pour plusieurs traumatismes qui sont similaires. Bien que certaines personnes aient eu une énorme quantité d'événements traumatiques, en faisant le tapotage pour l'intensité du "contenant" on peut avancer remarquablement vite. Dans le cas du client qui a construit la "boîte à chaussures", lorsque nous avons jeté un coup d'œil à l'intérieur, nous avons trouvé n'y avait plus de DVD ni de vidéocassettes, mais un trou noir! J'avance toujours en utilisant ce que le client présente, alors dans ce cas j'ai tapoté pour : "Même si j'ai ce trou noir dans la boîte à chaussures grise ..."
Parfois, en tapotant pour l'intensité du contenant, on neutralise la totalité du contenu. Dans l'exemple des "gratte-ciels", les bâtiments devenaient de plus en plus petits à chaque séquence de tapotage et ils ont fini par disparaître. En testant l'intensité pour le traumatisme, nous avons abouti à un niveau d'intensité de 0 sur 10, il n'était donc pas nécessaire de faire la "technique du film".

La technique du film
Le plus souvent, lorsque l'intensité pour le contenant est descendue à 0 ou 1, nous travaillons sur "le pire enregistrement" qui se trouve à l'intérieur, et nous progressons ainsi à travers le contenu. Cela peut prendre plusieurs séances, c'est donc une bonne idée de prendre note de la description du contenant.
Parfois, les clients commencent spontanément à "raconter l'histoire" [pour la "technique de raconter l'histoire", voir le post http://secret-abondance.blogspot.com/2010/03/eft-tutoriel-la-technique-de-raconter.html NDT]. Cette technique ainsi que celle du "film" sont des outils tellement extraordinaires !

Travail sur les "Parties de Soi" dissociées
Une fois que vous avez traversé toutes les étapes ci-dessus, et que l'événement ou l'ensemble d'événements traumatiques ont été neutralisés, il reste encore souvent beaucoup de choses à traiter, et cela peut être vraiment très puissant et très amusant. Le traumatisme, surtout lorsqu'il est particulièrement grave, provoque parfois la dissociation psychologique de la personnalité. En d'autres termes, une partie de la personne reste bloquée à cet âge, et cette partie a besoin de soins supplémentaires, en plus de ce don merveilleux de la libération du traumatisme que permet l'EFT.
Donc, je vérifie auprès des différentes "parties" de la personnalité du client en demandant à chacune d'elles ce dont elles ont besoin. Par exemple, je demande au client de se brancher sur sa perception intérieure pour essayer de voir, entendre ou sentir ce que pourrait vouloir ce personnage de "lui-même resté à tel âge" à cause du traumatisme, de quoi cette partie de lui-même plus jeune, qui a vécu ce traumatisme, aurait envie ou besoin, etc. Parfois, les gens ne savent pas, alors je leur demande d'imaginer, ou de faire comme si cette partie plus jeune pouvait dire ou montrer quelque chose concernant ses besoins ou désirs. La première réponse est souvent quelque chose comme une demande de réconfort ou d'amour, et il reste aussi habituellement une certaine culpabilité chez le client pour le fait d'avoir abandonné cette partie de lui-même depuis longtemps. Voici ci-dessous un exemple de langage que j'utilise pour les séquences EFT. Phrase de départ :
- "Même si j'ai abandonné cet(te) enfant depuis si longtemps, et que je me sens si malheureux pour lui/elle, et si coupable ... Maintenant je sais comment en prendre soin, alors je peux le faire. Je choisis aujourd'hui de me libérer de cette culpabilité et de cette impression d'être méchant parce que je l'ai laissé(e) seul(e)..."

Phrases de rappel :
- J'ai été très méchant en abandonnant cet enfant.
- Je me sens tellement coupable.
- Je voudrais en avoir pris soin plus tôt.
- Mais peut-être que je faisais de mon mieux.
- Faire de mon mieux maintenant inclut le fait de prendre soin de cette partie de moi-même.
- Je peux choisir d'en prendre soin maintenant.
- Je choisis d'en prendre soin maintenant.
- J'ai tant plaisir à pouvoir prendre soin de cette partie de moi maintenant.
- Je suis si reconnaissant envers moi-même pour le fait de pouvoir prendre soin de cette partie de moi maintenant.
Phrase de départ :
- Cet enfant de 7 ans (par exemple) qui vit à l'intérieur de moi veut de l'amour, et il le mérite, et je lui donne mon amour inconditionnel dès maintenant. Même si personne n'aimait cet enfant de 7 ans à cette époque, je lui donne mon amour inconditionnel maintenant.
Phrases de rappel :
- Tu mérites l'amour, et tu est un enfant tellement étonnant, après une si longue attente.
- Je te donne mon amour inconditionnel dès maintenant, ainsi que tout ce que tu désires.
- Tu es un enfant merveilleux tel que tu es.
- Je te donne tout l'amour inconditionnel que tu veux, ici et maintenant.
- Cet amour est toujours à toi, il a toujours été à toi.
- Je t'aime plus que jamais
- Je te remercie d'avoir tenu le coup si longtemps, tu peux maintenant te reposer et vivre dans l'amour.

Parfois, tout ce que veut la partie "enfant", c'est un câlin ou son nounours préféré, ou la promesse qu'on va se souvenir de lui. Parfois, il demande à être réintégré, et cela peut prendre plus de temps, toujours selon le choix de cette partie de la personne - jamais selon le choix du praticien. Cette notion est particulièrement importante dans les cas de dissociations très graves, par exemple pour ce qu'on appelle le syndrôme de la personnalité multiple, et chaque fois qu'on travaille avec l'une des parties on reprend tout au début - une décision totalement différente peut être prise. S'il existe une certaine confusion, ou de l'ambivalence, concernant ce que veut l'une des parties, alors faites le tapotage EFT pour ce point d'abord jusqu'à ce que la demande devienne claire. Il y a toujours quelque chose. Il suffit de continuer à tapoter jusqu'à ce que la partie "enfant" exprime le fait qu'elle est maintenant complète. Souvent, l'enfant le montrera simplement en s'éloignant et en se mettant à jouer.

Résumé:
Ainsi, les différents éléments de la méthode sont : la checklist d'avant démarrage, la création du contenant, la technique du cinéma, la vérification des parties de soi dissociées (qui très souvent apparaissent comme des enfants, alors on doit ajuster son travail à l'âge de chacune de ces parties). Vous pouvez vérifier avec quelque chose d'approprié, par exemple en disant : "D'accord, cette expérience vous a fait vous sentir sale à l'intérieur, et vous avez pensé que plus jamais vous ne pourriez vous sentir à nouveau propre. Que ressentez-vous quand je dis ça ?" S'il reste une certaine intensité, je demande au client de l'évaluer, et lui fais faire un peu plus de travail avec EFT. Souvent, à ce moment le client peut se mettre à rire, tellement l'idée de ne jamais se sentir à nouveau propre peut lui sembler ridicule. J'ai tendance à terminer en faisant un travail de gratitude pour bien ancrer les sentiments et sensations agréables.

Bonus supplémentaire pour la "technique de la boite à traumas" :
Si vous êtes un praticien EFT et qu'un client a des crises de panique et ne peut pas attendre le moment où vous pourrez le recevoir en consultation, vous pouvez lui dire au téléphone de "faire la boite" et d'y mettre le traumatisme immédiatement. Si vous n'êtes pas un praticien, et que vous-même avez des attaques de panique et n'avez pas la possibilité de traiter le problème tout de suite avec un praticien, faites de même, créez un contenant pour y mettre votre trauma en attendant votre rendez-vous.
Si vous êtes un praticien EFT, au cours du premier contact par téléphone vous pouvez donner au client quelques minutes de réconfort selon la technique de la PNL, en lui assurant que tout ce qui est dans ce contenant peut être traité et le sera - et aussi que tout ce contenu peut être guéri sans douleur ni détresse, et le sera.
Voici un exemple de ce que je dis au téléphone, en général, doucement, lentement et avec amour (et vous devez vraiment ressentir de l'empathie et de la compassion, sinon le client va détecter votre manque de sincérité). J'utilise un ton de voix plus bas, en descendant à la fin des phrases ... pour dire ceci : "tandis que vous me parlez en ce moment ... que vous sentez le téléphone dans votre main ... que vous sentez que vous êtes là, assis, et que vous vous détendez de plus en plus pendant cet appel téléphonique ... vous pouvez déjà prendre conscience du fait que votre processus de guérison a commencé ... vous pouvez peut-être déjà commencer à vous sentir plus en sécurité ... et vous pouvez même sentir, au plus profond de votre être, que vous êtes suffisamment en sécurité pour que ce sentiment de sécurité commence à imprégner toute votre vie." (NOTE : Personnellement, je ne dirais pas au client que "les crises de panique peuvent s'arrêter", sinon j'attirerais son attention sur les crises de panique au lieu de lui faire comprendre l'idée qu'elles vont s'arrêter - NDT).

En faisant cela au cours de l'étape de consultation gratuite du début (20 minutes en tout), j'ai pu voir chez mes clients les crises de panique cesser (Hourra!). Le client sait qu'il a un rendez-vous, c'est comme si son esprit conscient avait conclu un marché avec son esprit inconscient : "Esprit inconscient, calme-toi et détends-toi, et je vais faire en sorte que tu obtienne toute l'attention aimante qui peut te guérir". C'est déjà beaucoup, n'est-ce pas?

Dr Shoshana Garfield, Ph.D.
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