lundi 5 avril 2010

EFT Emotions et maladie de Parkinson

Des progrès sérieux dans un cas difficile

Notez tout d'abord que l'EFT ne s'applique pas à la maladie physique DIRECTEMENT. On s'adresse aux émotions que vivent ou ont vévu les personnes atteintes de telles maladies dégénératives. Ceci est une règle absolue afin d'éviter les attaques pour "usage illégal de la médecine" dont les praticiens EFT se défendent absolument. J'ai écrit de nombreuses mises en garde sur ce sujet dans ce blog. Comme vous le verrez, dans cet article, ce qui donne des résultats pour ce patient, c'est le travail sur les émotions, les émotions, les émotions ! Alors que dans l'autre article que j'avais posté auparavant et qui est commenté par Cheryl Richardson, le travail sur un détail des symptômes physiques donne un résultat au début puis tourne court, probablement parce que le praticien débutant n'envisage pas l'aspect émotionnel lié à tout l'ensemble de la vie passée et présente de la personne. C'est pourtant certainement cet ensemble émotionnel qui va être la cause du fait que la personne ne continuera pas d'utiliser la méthode EFT malgré un premier résultat, à mon avis.

Traduction de la page :
http://www.emofree.com/Articles2/Parkinsons-jennifer.htm

Gary Craig écrit :
"Jennifer Davidson de Suisse m'a envoyé cette lettre, qui est un MUST, concernant la manière dont elle a surmonté de nombreux obstacles avec son client inexpressif atteint de la maladie de Parkinson. Notez sa créativité continue. Il y a là de nombreux enseignements à tirer. Bien à vous, Gary "

Par Jennifer Davidson :

Cher Gary

Parmi les nombreux clients avec qui j'ai travaillé en Suisse, j'ai particulièrement apprécié le défi présenté par "René", un homme doux, d'abord inexpressif, de 64-ans atteint de la maladie de Parkinson. Il s'est transformé tranquillement, je crois, par la magie de l'EFT, et je tiens à vous faire partager son histoire (avec sa permission - à sa demande, j'ai changé son nom).

René est venu me voir pour essayer d'inverser, ou au moins de contenir, les symptômes de la maladie de Parkinson pour laquelle il a été diagnostiqué huit ans auparavant. Il s'agissait notamment de la mobilité réduite d'un bras, de ses mouvements inhibés (par exemple, ses difficultés pour atteindre une poche de vêtement), sa raideur dans la station debout, l'inconfort dans les jambes et le dos en position assise, et ses difficultés pour contrôler ses doigts en tapant à la machine.

Lors de notre première séance, je lui ai demandé (sur la base de son attitude) s'il se sentait un peu déprimé et il a dit oui. Je lui ai alors demandé quelques informations sur son passé. Sans aucune émotion, et même avec un visage impassible et parlant d'une voix presque inaudible et monocorde (symptômes reconnus de la maladie de Parkinson), René m'a donné les faits suivants:

Enfance :
Il est né le plus jeune de cinq enfants, d'un père autoritaire et abusif à la fois physiquement et verbalement, et d'une mère atteinte d'une grave dépression, laquelle est morte quand René avait 18 ans. René souffrait lui-même de dépression à l'âge de 15 ans et cette dépression a duré environ 20 ans. Peu de temps après que sa mère soit morte, le frère dont il se sentait le plus proche est mort dans des circonstances mystérieuses, alors qu'il pilotait un avion.

Age mûr :
Un autre frère est mort prématurément d'une crise cardiaque. René a subi un grave accident alors qu'il était dans l'armée : une fracture du crâne qui a demandé trois heures de chirurgie. Depuis, il souffrait d'acouphènes. Sa femme est morte d'un cancer, le laissant seul pour élever leurs deux jeunes fils. Son père est décédé.

La dernière décennie :
Le frère qui lui restait est décédé de la SLA (sclérose latérale amyotrophique). René s'est remarie, mais le couple s'est désintégré au bout de deux ans, peu de temps après quoi il a reçu ce diagnostic de maladie de Parkinson. Sa nouvelle compagne venait de recevoir un diagnostic de maladie terminale. Pendant ce temps, une procédure de divorce introduite par cette seconde épouse était en cours.
René a conclu cette litanie en déclarant qu'il était "un homme très chanceux". Pendant un moment, j'ai cru qu'il plaisantait. Lorsque j'ai levé un sourcil interrogateur, il a noté qu'il aurait pu mourir, par exemple, dans l'accident à l'armée, mais il avait survécu - il a réaffirmé qu'il était un homme très chanceux.

Après une courte pause (tandis que, sous le choc de cette liste de malheurs, je me demandais par où j'allais bien pouvoir commencer), je lui ai demandé lequel des événements qu'il avait mentionnés lui produisait la plus forte émotion dans le moment présent. Il a dit : aucun d'entre eux. J'ai regardé son visage, qui était impénétrable, entièrement dépourvu d'émotion visible, et je me suis demandé comment trouver un chemin : il semblait très lointain.

Je lui ai demandé s'il préférait tapoter sur lui-même ou que ce soit moi qui le fasse, et il a opté pour cette dernière solution. Alors j'ai saisi sa main, j'ai pris une profonde inspiration, et j'ai plongé :
- "Même si je suis un homme très chanceux, et qu'il est important pour moi de voir les choses de cette façon ... peut-être qu'en fait j'ai eu pas mal de malchance dans ma vie ...

Nous ne sommes pas allés plus loin que cela. C'était comme si un barrage massif avait craqué - les larmes ont coulé sur son visage pendant plusieurs minutes. J'ai tapoté sur ses points, la plupart du temps en silence, jusqu'à ce qu'il se reprenne. Et c'est ainsi qu'a commencé notre voyage.

Nous avons fait beaucoup de tapotage, lors de sessions ultérieures, sur des émotions présumées, tandis que René continuait à ne pas être conscient de ses émotions directement. Mes notes incluent des phrases comme : "Ai fait un exorcisme théorique de sa colère théorique vis-à-vis de son père." J'ai développé une fine approche de ce que j'ai considéré comme un "juron par procuration" :
- "... Et je suis sacrément en colère pour ça !"
Et je dirais que, aussi énergiquement qu'il était possible, René m'a poliment fait écho, avec une toute petite étincelle d'émotion dans les yeux.

Parfois, nous tapotions en français (même si son anglais est presque parfait); lentement, petit à petit, il s'est échauffé sur ce thème. Sa voix et ses expressions du visage sont devenues plus animées. En même temps que le désamorçage de sa colère supposée (ainsi que d'autres émotions), ses symptômes ont commencé à s'améliorer. Il a dit qu'il se sentait "plus léger." À la fin d'une session, il s'est levé et a dit: "Avez-vous vu cela? Je me suis levé en une seule fois! "A la fin d'une autre session, je lui ai demandé (en plaisantant) s'il pensait qu'il pouvait maintenant sauter, il a dit "pourquoi pas ?" Et tandis j'avais le dos tourné à moitié je l'ai vu faire un petit saut.

Il a commencé à sourire un peu plus - il pleurait parfois quand le tapotage lui apportait de la tristesse (en particulier sur la mort de sa femme), mais ce n'était plus comme une digne qui lâche, c'était quelque chose de plus doux. Fait intéressant, bien que nous n'ayons pas résolu son problème d'acouphènes, il a noté que lorsqu'il faisait le tapotage il n'avait pas conscience de l'entendre. Egalement, il a presque toujours choisi de tapoter sur les sentiments plutôt que directement sur les symptômes physiques. Il a commencé une des séances en disant: "J'ai réalisé que je ne me permets pas de ressentir mes émotions comme je le devrais." Il est devenu curieux, il a commencé à être son propre détective, à recherche des indices de ses sentiments. C'était comme s'il y avait quelque chose en lui qui fondait.

Le couvercle que René avait maintenu sur une quantité considérable de colère a commencé à desserrer, il a été en mesure d'identifier les personnes eu passé et du présent qui le mettaient en colère. À la fin d'une session, il a dit clairement et fermement: "Je veux laisser partir la colère." Il a fait remarquer que ses mains se sentaient mieux (la frappe à la machine était plus fluide et précise) après une séance EFT. Nous avons mesuré les progrès réalisés avant et après, à l'aide d'un clavier, et tous les deux étions témoins de ce qu'il a défini, à une certaine occasion, comme une amélioration de 20% après avoir tapoté seulement sur les émotions.

Bien qu'une grande partie de sa colère ait été dégagée, il y avait encore un obstacle important - la haine (maintenant reconnue ouvertement) que René sentait encore envers sa seule soeur survivante, Marguerite. Le tapotage pour rechercher un événement sous-jacent n'a révélé aucun incident spécifique dans l'enfance. René a cependant mentionné le fait que quelques années auparavant, il avait demandé à Marguerite s'il pouvait lui emprunter des albums de photos d'enfance (les seules images qui restaient de leur mère). Elle avait refusé, ce qui le mettait hors de lui - il a dit que ce qu'il ressentait était : "Elle m'a volé mon enfance."

Je n'avais pas évalué très haut mes chances de l'aider à se libérer de ses sentiments envers Marguerite. Il avait déclaré en de nombreuses phrases qu'il n'avait AUCUNE envie de lui pardonner. Mais nous y avons plongé de toute façon.

- "Même si je déteste Marguerite ... je voudrais aller à sa maison de retraite et lui flanquer une claque sur le nez ... lui porter un verre de poison et la forcer à boire ..."
- Même si je porte en moi cette colère ... et que c'est quelque chose qui m'empoisonne, moi, et pas elle ... Je ne veux même pas envisager de lui pardonner... Rien du tout ! ... Et personne ne pourra m'y pousser sans que je m'en rende compte non plus, même pas quelqu'un qui est plus jeune que moi d'un grand nombre d'années... Je ne suis pas disposé à abandonner ma colère ... car cela signifierait qu'elle avait le droit d'agir comme elle l'a fait, et elle n'avait pas le droit ... donc je vais garder ma colère ... ça lui montrera ... sauf, bien entendu, le fait qu'elle dort probablement très bien la nuit ... et que je suis celui qui a mal au dos ... mais je ne laisserai PAS partir ma colère, car elle m'est utile : elle me sert bien! À bien des égards! Voici comment elle m'est utile ...

Il y a eu une pause, tandis que René, songeur, ne pouvait produire aucune bonne raison. Nous avons recommencé.
- "Même si je ne suis pas disposé à lui pardonner ... Je suis (peut-être) prêt à examiner ce qui s'est passé ..."

À ce stade, tout en faisant tapotage sur les points d'acupressure de René, je me suis retrouvée (à ma grande surprise) avec une image nouvelle, arrivée de nulle part - un portrait qui montrait la soeur comme une jeune fille profondément troublée, dépassée par cet environnement de quatre frères, dominée par son père en colère, non prise en charge par sa mère déprimée. J'ai suggéré que tout cela pouvait avoir été assez dur pour elle aussi, qu'elle avait dû se sentir bien seule, que sans doute ce qu'elle voulait, c'était l'amour et la sécurité, mais qu'au lieu de cela elle avait choisi d'être autoritaire, d'avoir le contrôle - ce qui avait été sa stratégie, le mieux qu'elle pouvait faire, sans doute, pour faire face.

C'était une ironie, ajoutai-je, puisque cette stratégie avait éloigné d'elle tout le monde ; et encore ... peut-être qu'elle faisait du mieux qu'elle pouvait ... Dans l'ensemble, c'était une bien triste image de sa famille ... une situation difficile pour tout le monde, chaque personne en difficulté essayant de trouver un chemin ... peut-être que Marguerite avait eu besoin de s'accrocher aux photos parce que, en quelque sorte, d'une certaine façon, elles étaient la seule chose qu'elle avait de son enfance qui lui faisait se sentir en sécurité.

Et soudain, ça a disparu. A un moment, au cours de cette séquence de tapotage, la colère, la haine et le ressentiment s'étaient simplement évanouis. Une paix énorme, indescriptible, emplissait la chambre ... c'était comme si la pièce était inondée de lumière invisible. (Un chœur d'anges avec des harpes n'aurait pas eu l'air inapproprié !) Nous sommes restés assis, immobiles et silencieux pendant quelques minutes. Puis, comme s'il sortait d'une rêverie, René a dit: "Mais est-ce que ça (il voulait dire la colère) pourrait revenir?" J'ai dit: "Non, pas de la même façon."

Un peu plus tard, j'ai dit, "C'est presque comme si, lorsque vos défenses sont en place, vous invitiez l'agression." René a réfléchi, puis a dit que c'était l'inverse du proverbe latin, "Si vis pacem, para bellum" - "Si vous souhaitez la paix, préparez la guerre." J'ai écrit cela, et j'ai regardé ce texte. Puis je l'ai modifié et je lui a montré la nouvelle version - "Si vis pacem, para pacem" - "si vous voulez la paix, préparez la paix". Cela paraissait, à ce moment, le plus sage édit de tous les temps. En lui disant au revoir à la porte ce jour-là, j'ai touché sa main et j'ai dit: "La paix soit avec vous." Il m'a regardée droit dans les yeux, et a répondu : "Shalom".

La semaine suivante, après avoir tapoté sur moi-même afin d'éviter l'espoir excessif ou les trop grandes attentes, j'avais peur d'avoir méconnu la puissance de la dernière séance. J'ai demandé à René, prudemment, comment il se sentait depuis lors. "Une bonne semaine", a-t-il dit laconiquement - c'est un homme de peu de mots. Je lui ai demandé ce qui avait fait qu'il considérait avoir passé une bonne semaine. Il m'a regardé sèchement et a dit, comme si c'était évident, "La semaine dernière - la paix ... les choses changent ... je le sens."

Les séances suivantes se sont déroulées sur un niveau différent, plus léger, et ont concerné la manière dont René pouvait trouver des moyens d'avoir plus de plaisir dans la vie, en explorant sa créativité (peinture, sculpture, écriture), le fait de ne plus se sentir enchaîné à son bureau, de se permettre d'espérer en une nouvelle relation affective. Nous avons visualisé l'écartement des barreaux métaphoriques d'une cage, permettant à l'oiseau de s'envoler librement (une métaphore que René avait trouvée, à partir d'un de ses poèmes préférés, de Jacques Prévert). Lorsque je lui ai demandé ce qu'il aimerait travailler avec le tapotage (les douleurs du dos ... la mobilité des doigts) sa réponse a été toujours la même : "La paix, plus de paix."

Je voudrais évoquer un film qui pourrait montrer le voyage de René, partant d'une "face de joueur de poker" immobile, la voix monocorde et la démarche saccadée, pour arriver à un homme chaleureux et expressif avec (au moins une partie du temps) un ressort très net dans la démarche. Et il avait raison tout du long, bien sûr : c'est VRAIMENT un homme très chanceux!
Encore une fois, un million de fois, chapeau bas à l'EFT!
Avec mes meilleurs vœux à tous,
Jennifer Davidson

PS - Après avoir parlé avec vous, Gary, j'ai appelé René, pour obtenir à nouveau des informations plus exactes sur l'effet que le tapotage avait eu sur ses douleurs. Dans ma conversation téléphonique avec lui (le 28 avril) il a d'abord noté qu'il y avait "certainement" une corrélation entre le tapotage et une amélioration de ses symptômes. Comme j'insistais pour qu'il soit plus précis, il a dit qu'il était possible de quantifier son "amélioration du bien-être à 50%."

Il a ensuite divisé ces 50% en "25% d'amélioration physique et 25% d'amélioration psychologique." Les citations représentent ses mots exacts. Lorsque je lui a demandé s'il avait des conseils à donner pour d'autres personnes atteintes de la maladie de Parkinson, René a parlé de "la nécessité de continuer le tapotage sans arrêter" et, de "surmonter l'inertie" (qu'il a appelé "innere Schweinhund " ou "chien paresseux intérieur", en allemand).
Encore une fois, je vous souhaite le meilleur. Jennifer

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1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Moi-même diagnostiqué parkinson en 2002, je commence à aborder les émotions à travers d'autres outils tel que le yoga par exemple.
    Ce témoignage est à la fois touchant et réconfortant car il montre bien que le physique et le psychisme (ou l'esprit) sont étroitement liés et indivisibles. Ces voies sont essentielles à prendre en compte pour l'amélioration de la santé, et cela pour n'importe quelle type de pathologie.
    Je conseille un ouvrage : "La peur, origine de nos maladies ; comment s'en libérer pour guérir" de Seymour Brussel aux éditions Chemins de l'Harmonie.
    Il ne me reste plus qu'à pratiquer E.F.T. pour avancer.
    Il n'y a pas une maladie de parkinson mais chaque cas est différent et plus ou moins rapide. Cela est probablement dû à la cartographie émotionnelle de chaque individu.
    Merci pour cet article.
    Michel

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